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lundi 24 février 2014

Lettre ouverte de Françoise Verchère à Manuel Valls

Monsieur le Ministre de l’Intérieur,

Je vous ai entendu commenter dès samedi soir les événements en marge de la manifestation contre l’aéroport de Notre Dame des Landes et vos propos appellent de ma part quelques réactions et aussi plusieurs questions.

Sur les chiffres d’abord : vous avez parlé de 1000 casseurs et de 20 000 manifestants dont vous avez dit qu’il fallait les différencier des premiers. Je crois décidément que vos services ont un problème avec le calcul car nous étions beaucoup plus de manifestants et il y avait beaucoup moins de casseurs : disons qu’on pourrait diviser le premier chiffre et multiplier le second par deux au moins pour approcher de la vérité. Mais dans cette affaire d’aéroport, la vérité est décidément malmenée depuis longtemps…

Sur les fameux casseurs : je vous avoue que j’ai été très surprise de comprendre que vos services les connaissaient visiblement bien (vous avez donné des précisions sur leur origine, leur positionnement politique) et même qu’ils savaient ce qui allait se passer. Depuis deux jours, les bruits couraient sur des incidents à venir ; les avocats savaient qu’ils risquaient d’être réquisitionnés pour de nombreuses gardes à vue. Samedi matin, au moment où nous étions avec les tracteurs à l’aéroport de Nantes-Atlantique, les policiers présents nous ont spontanément parlé des « blacks blocs », en nous disant « qu’ils allaient gâcher notre manifestation ».

Je m’étonne donc que « les forces de l’ordre » n’aient pas été au fond plus efficaces puisque cela aurait dû être leur mission, n’est-ce pas ? Puisque l’on sait désormais interdire un spectacle avant même qu’il n’ait lieu, et puisque nous n’avons pas sur la ZAD 1000 casseurs ni blacks blocs, pourquoi ne les avez-vous pas fait arrêter avant leur arrivée ? J’imagine que s’ils sont si dangereux, vous avez certainement des preuves et même des faits graves à leur reprocher ?

Mais peut-être préfériez-vous les arrêter en flagrant délit ? Est-ce pour cela que vous n’avez pas fait protéger l’agence Vinci, située au tout début du parcours de la manifestation, pas plus que des engins de chantier Vinci aussi (car Vinci est partout vous le savez, immobilier, parkings, aéroports…) dont vous saviez qu’ils seraient forcément des cibles ? Est-ce pour cela que la Préfecture n’a autorisé qu’un parcours ridiculement petit, jamais vu jusque là ? Est-ce pour cela que les échauffourées localisées dans un périmètre pourtant restreint ont duré plusieurs heures ? Et au bout du compte combien y a-t-il eu d’interpellations ? Une douzaine seulement…C’est assez curieux et à vrai dire difficilement compréhensible alors que les moyens déployés étaient impressionnants, en hommes et en matériel anti-émeute, alors que la fermeture du centre ville était inédite, alors qu’il y avait vraisemblablement des hommes à vous des deux côtés.

Évidemment les images de « la guérilla urbaine » dont vous avez parlé seront reprises à l’envi plus que celles du char-triton, des 520 tracteurs présents ou des nombreuses familles manifestant paisiblement. Évidemment, cela permettra d’occulter une fois encore le fond du dossier, évidemment le chœur des partisans de l’aéroport poussera des cris horrifiés en rejetant la responsabilité sur les organisateurs de la manifestation.
Organisateurs qui ont pourtant tenté d’éviter l’affrontement en interposant des tracteurs entre l’imposant mur de fer érigé et ceux qui voulaient effectivement en découdre.

Organisateurs dont le métier n’est pas d’assurer l’ordre, vous en conviendrez et à qui il serait malvenu de demander de faire mieux que vous… Organisateurs particulièrement choqués, en tout cas, par les propos du Préfet de Loire-Atlantique qui n’a pas hésité à affirmer que nous « opposants historiques » devions cesser « d’être la vitrine légale d’un mouvement armé ». Je me suis pincée pour y croire…encore un peu de temps et nous finirons nous-mêmes par être tenus pour de dangereux terroristes alors que nous avons participé loyalement au débat public, et à toutes les commissions mises en place. Débat déloyal puisqu’il y a une « vérité officielle » intangible même quand elle est contraire aux faits, aux chiffres et à la réalité. Le Premier Ministre ne reconnaît la validité que de la commission du dialogue à qui il avait donné mission de valider à nouveau le projet, mais refuse de regarder les conclusions accablantes de la commission des experts scientifiques au regard de la loi sur l’eau. Comment croire encore à la parole de l’État ?

En réalité, Monsieur le Ministre, tout cela est très lisible et vieux comme le pouvoir.

Pour discréditer notre combat, et tenter de retourner l’opinion publique qui nous est aujourd’hui favorable, on fera appel à la peur du désordre, on utilisera l’image, déplorable je vous l’accorde, des dégradations commises par les méchants casseurs et on justifiera ainsi une nouvelle opération policière pour aller enfin nettoyer la ZAD de ses « délinquants dangereux », en même temps que de ses tritons et de ses paysans. Il faudra mettre les moyens (ils sont mille, ne l’oublions pas, et les tritons innombrables…) mais vous y êtes peut-être prêts pour que « force reste à la loi »? Permettez-moi de vous le déconseiller car pour que nous, citoyens, acceptions désormais cette clef de voûte théorique de la société, (« la seule violence légitime est celle de l’État »), il faudrait que l’État soit irréprochable, que la loi soit juste et que ses représentants soient dignes du mandat que nous leur avons confié. Vous avez compris, je pense, que ce n’est pas le cas depuis longtemps.

Depuis deux jours, j’ai lu et entendu que le centre ville de Nantes était « saccagé », qu’un commissariat avait été « dévasté », qu’il faudrait du temps pour « panser les plaies de la ville », que les dégâts ne pouvaient pas encore être chiffrés, autant dire que c’était l’apocalypse. Les mots eux-mêmes sont visiblement sens dessus dessous... Puis-je vous suggérer de venir à Nantes pour juger de la situation ? Aujourd’hui dimanche, flottait certes une petite odeur de gaz lacrymogène, mais le tramway roulait et les nantais flânaient. Je ne nie pas les poubelles brûlées, les pavés arrachés, les vitrines brisées et les murs maculés dans le secteur des affrontements. Je déplore ce vandalisme d’autant plus que nous dénonçons par ailleurs le gaspillage d’argent public qu’induirait le transfert de l’aéroport !

Mais je voudrais aussi vous rappeler que samedi des personnes âgées, des enfants ont été noyées sous les lacrymogènes. Et qu’un jeune manifestant a perdu un oeil à cause d’un éclat de grenade assourdissante. Ce n’était pas un casseur. Et cela nous rappelle le même malheur survenu déjà à Nantes, à cause d’un tir tendu de flash ball lors d’une manifestation sans violence devant le Rectorat. Les aubettes seront reconstruites, cela fera même monter le P.I.B mais ce jeune restera, lui, marqué à jamais. Cela m’interroge sur la manière dont les forces de l’ordre utilisent leurs armes et me scandalise davantage que la casse matérielle. Et demain, si le gouvernement persistait dans son projet d’aéroport, la destruction du bocage de Notre Dame des Landes et de la vie qu’il abrite serait elle aussi irréversible.

Il faut arrêter un projet désormais dans l’impasse et régler le problème en prenant la seule décision raisonnable : respecter la loi sur l’eau, améliorer l’aéroport de Nantes-Atlantique et rendre sa sérénité à Notre Dame des Landes pour que la ZAD redevienne une campagne où vivre et travailler. Vous pourrez ainsi, Monsieur le Ministre, vous consacrer aux blacks blocs si vous le jugez indispensable.

Dans l’espoir de votre réponse, je vous assure de mes salutations les plus distinguées,

Françoise Verchère,
Conseillère générale de Loire-Atlantique

mercredi 19 février 2014

Lettre de René Leblanc, maire de Quelneuc à Philippe Martin, Ministre de l'Ecologie

Quelneuc  le 31/12/2013

Monsieur Philippe MARTIN
Ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie
Hôtel de Roquelaure
246 Bd St Germain
75007 Paris 7ème


Monsieur le Ministre,

Elu depuis 1986 et maire depuis 1995 de la petite commune de Quelneuc,  je vous prie de prendre connaissance d’une lettre ouverte que j’ai adressée la semaine passée à M. Auxiette.
Conscient des risques majeurs pour la vie sur notre planète liés aux excès de consommation des dérivés hydrocarbonés dont la combustion génère le gaz à effet de serre Co2, conduisant à des dérèglements climatiques inéluctables, j’ai beaucoup apprécié que vous ayez décidé de ne pas autoriser actuellement les recherches sur notre sol des gaz et huiles de schistes, puisqu’aussi bien ce sont précisément des dérivés eux-mêmes hydrocarbonés dont l’extraction laisse s’échapper dans l’atmosphère une quantité importante du fameux méthane (CH4), dont l’effet de serre est, hors combustion, 20 fois supérieur au seul CO2.

Nos grands élus de l’Ouest nous rappellent régulièrement, dans les colonnes de leurs publications respectives, la nécessité absolue de lutter contre le réchauffement climatique. Ils nous alertent, à juste titre, sur les conséquences dramatiques que connaîtront demain les jeunes générations, donc vos propres enfants et les leurs, si nous ne devenons pas raisonnables aujourd’hui.
Or, contre toute logique et malgré des faits têtus, dans une sorte d’amnésie collective de leurs grandes et judicieuses recommandations, ils applaudissent à la réalisation d’un aéroport à NDDL, jurant, dans une parfaite et étonnante mauvaise foi plus qu’hallucinante, que cet aéroport sera source de bonheur et de prospérité pour les bretons et ligériens, pour les décennies  à venir.
Que de mensonges, d’hypocrisies, contre-vérités et même ignorance chez certains, pour convaincre nos concitoyens, dont l’immense majorité ne possède pas les informations pour juger de l’aberration de ce projet ubuesque en ce début de XXIème siècle, projet qui n’est que le symbole d’un passé révolu.
Les arguments avancés et assénés à grand renfort de publicités payées par nos impôts, pour justifier l’injustifiable s’écroulent les uns après les autres :
  • Nantes Atlantique serait saturé : un pieux mensonge (voir mon courrier à M. Auxiette)
  • Il serait dangereux : il obtient le meilleur classement « A »
  • Il desservira le monde entier : faux. Les pistes auront l’exacte même longueur que NAI et ne supporteront donc que les mêmes jets.
  • 5 millions d’heures de travail seraient générées pour sa construction : la solution au chômage des bretons, je suppose (creuser et empierrer, à 6 m de profondeur, sous les pistes gorgées d’eau, détruire 1500 ha de terre et encore plus pour les accès, détruire des espèces protégées  mais construire pour tellement de bonheur promis à chacun). Or,  aujourd’hui, on nous dit que la rénovation de NAI aurait un coût plus élevé alors que le tramway n’est qu’à 1200m de l’aérogare. Cette rénovation devrait donc réjouir les décideurs puisqu’elle offrirait plus de travail et sans destruction des terres agricoles  si chères à notre ministre de l’agriculture.
  • A NDDL, les décollages et atterrissages seraient  incessants : mais, au fait, avec quelle énergie après-demain ? Pour transporter qui et où ? Oublierait-on de dire à nos concitoyens et aux bretons notamment que le kérosène n’est pas taxé, que le low-cost coûte énormément au contribuable, alors que l’on veut taxer encore et encore pour les transports de proximité des biens nécessaires à nos entreprises et à nos concitoyens.
Monsieur le Ministre, il est tellement patent qu’il serait préférable de relocaliser, notamment en Bretagne,  nombre de biens, produits quasi gratuitement par les pauvres du tiers-monde (le nouvel esclavagisme du XXIème siècle) et transportés par jet, au prix d’une pollution toujours croissante et de  faire payer au prix coûtant  les  loisirs lointains de nos concitoyens, que nos grands élus bretons, en contradiction avec leurs dires, ont fait le choix de toujours plus polluer. Je parie que notre Ministre du redressement Productif applaudirait toute relocalisation raisonnable et raisonnée.

Rassurez-vous, la nature si mal menée depuis plus d’un demi-siècle, ne supporte plus les outrages que nos élus s’acharnent à lui faire subir. Elle se venge déjà et ce n’est rien comparé à ce que les jeunes générations devront affronter.  Protégeons-les, si nous ne voulons pas être accusés de n’avoir été que de fieffés égoïstes. Devenons raisonnables, limitons au nécessaire et à l’utile les ressources épuisables et déjà trop consommées de nos dérivés hydrocarbonés. Nos grands élus ont conservé l’image des trente glorieuses. Ils n’acceptent pas les évidences. Malheureusement, ce seront leurs propres enfants qui paieront demain, au prix fort, leurs mensonges d’aujourd’hui. A une des membres de la Commission Chéreau à qui je le faisais remarquer, il me fut répondu  « je ne serai pas là pour le voir ». Je répondis que les reproches seraient émis à titre posthume. Belle mentalité ! Mais tellement courante, y compris chez nos élus qui se prétendent visionnaires mais ne sont en réalité qu’égoïstes arque-boutés à la défense d’intérêts très privés ou à une mégalomanie dérisoire..

Aujourd’hui, 31 décembre, NDDL et ses environs (Blain,  Saffré) sont sous les eaux. Demain, après les millions de tonnes de béton déversés et la destruction de toutes ces zones de rétention humides et  de cette faune si riche d’espèces protégées, je vous laisse le soin d’imaginer le désastre. Mais nos grands élus ne savent pas, ils feignent de croire ou de faire croire que « la croissance illimitée de  consommation de nos  richesses épuisables, donc limitées, peut encore être une réalité, alors qu’elle n’est  qu’absurdité.

La justification de ce projet ne repose plus que sur les projets immobiliers au Sud de Nantes, donc à la valorisation exponentielle de quelques notables propriétaires ou de grands groupes alléchés par les énormes plus-values immédiates en perspective  pour des actionnaires avides de biens matériels, mais non avisés et surtout aucunement visionnaires. Nous sommes à mille lieues de l’intérêt général.

Le bruit invoqué ne concernerait donc que la ville de Nantes située à 10kms de NAI. Munissez-vous d’un plan et observez Ablon et son lycée Georges Brassens  dans le prolongement de pistes d’où décollent 6 fois plus de jets qu’à NAI, et Villeneuve le Roi, à seulement 1Km d’Orly. Cet aéroport sera rénové, pas déplacé.

Loïc Marion chercheur à Rennes et grand spécialiste du lac de Grand Lieu a fort bien analysé et rejeté tous les faux arguments développés au sujet de ce lac. En revanche, des dérogations de destructions d’une faune remarquable viennent  de faire l’objet d’arrêtés les autorisant. Une honte, tout simplement. 

Hélas, comme le dit si bien la fable « la raison du plus fort est toujours la meilleure ». Forts d’une triste légalité politique (et encore ?), mais non d’une légitimité, et au mépris de l’avenir et des citoyens qui sont indignés,  messieurs les grands élus faites envoyer à NDDL toujours plus de CRS et garde mobiles, armés jusqu’aux dents,  ouvrir, par la force, la voie aux fossoyeurs. Monsieur le Ministre, si votre Ministère a encore une signification, si vous croyez en l’avenir de notre planète, ne soutenez pas ce projet. D’autres ministres vous applaudiront.

Merci, Monsieur le Ministre, d’avoir lu, les propos d’un élu et citoyen indigné et vigilant  
René Leblanc, maire
  Copie :  Mme DUFLOT  et Najat Belkacem; Mrs Montebourg,  Le Foll,  Garot,  Cuvilliers, Valls et Hamon     
                                            

mardi 14 janvier 2014

Lettre ouverte d'un chef d'entreprise à M. Patrick Rimbert, maire de Nantes sur l'impact économique du projet

LETTRE OUVERTE à M. Patrick Rimbert,
Maire de Nantes


Objet : le bruit des avions autour de Nantes Atlantique et demande de rendez-vous

Monsieur le Maire,
Vous êtes très sensible sur le sujet du bruit, j’ai bien noté une de vos prises de position : « Je suis pour un durcissement des normes de bruit pour assurer une meilleure qualité de vie des habitants. C'est une contrainte mais c'est pour le bien-être des habitants». Vous avez donc sûrement été attentif à l’émotion de certains de  vos administrés, suite à la publication d’une étude de la DGAC sur l’évolution du bruit d’ici 2030. Cette étude conclut à une augmentation importante du bruit (comme on l’avait demandé à la DGAC ?). Un battage médiatique savamment orchestré a amplifié l’émotion de vos administrés.

La vérité est exactement inverse ! Les zones de bruit aéroportuaires diminuent à Nantes, comme partout dans le monde :
  • Londres HEATHROW, avec une division par 8 des populations concernées de 1980 à 2006, malgré une augmentation de 60 % du trafic ;
  • PARIS où le dernier indice synthétique de bruit aéroportuaire IGMP a baissé de plus de 20,2% depuis le niveau moyen 1999/2000.
  • Les aéroports américains, comme en témoigne  Anne Kohut, rédactrice en chef de la revue AIRPORT NOISE : « le fait que les zones de bruit rétrécissent malgré l’augmentation du trafic en avions plus silencieux est bien connu aux US ».
  • Et même NANTES, suivant les mesures faites depuis des années, auxquelles on fait peu de publicité ! Certaines d’entre elles figurent d’ailleurs sur le site de Nantes métropole.

Il est évident pour les experts que la diminution actuelle des zones de bruit va s’accélérer avec la prochaine mise en service  d’avions extrêmement silencieux, l’AIRBUS A350, qui a récemment survolé Nantes dans un silence impressionnant, l’AIRBUS A 320 NEO, etc. Ces nouveaux avions sont d’ores et déjà commandés en très grandes quantités, ils consomment très peu et vont envoyer à la retraite des bruyants gouffres à kérosène, bien avant leur limite d’âge.

Le CéDpa a fait faire une étude par des experts néerlandais, spécialisés dans le calcul des PEB. Celle-ci confirme la diminution des zones de bruit sur Nantes d’ici 2030. Cette étude a pris en compte la modernisation de la flotte aérienne. Pour un calcul à l’horizon 2030, il parait évident aux experts néerlandais d’intégrer ce paramètre, ce n’est pourtant pas le point de vue des fonctionnaires de la DGAC. Ce choix de la DGAC parait incompréhensible, il est indispensable de le faire expertiser, j’estime qu’on ne peut en rester là. L’enjeu est de taille, n’est-ce pas ?

J’ai travaillé ce sujet et assisté le CéDpa dans ses travaux. J’estime que Nantes peut continuer sereinement à urbaniser sans aucun risque de nouvelle contrainte liée au bruit aéronautique toutes les zones  urbaines de Nantes, en particulier l’ile de Nantes. L’argument suivant lequel « nous ne pourrions pas accueillir 20 000 habitants si nous ne faisions pas ce choix de libérer cet espace » est faux :
  • d’une part parce que le maintien de la piste pour AIRBUS ne permet de libérer que des zones mineures, en périphérie de la plate forme ;
  • d’autre part parce que Nantes est au cœur d’une vaste zone sans reliefs significatifs, où les réserves foncières sont abondantes, donc , il faut être honnête, il n’y a rigoureusement aucun risque de manquer d’espace !

Vous pouvez également tranquilliser vos administrés sur le sujet du bruit aéronautique. Je me permets sur ce point quelques suggestions :
1/ une enquête sur le survol récent de la ville par un RAFALE qui n’avait rien à y faire ; si vous ne la faites pas, d’autres s’en chargeront. Ce genre de comportement est honteux, préjudiciable à vos administrés, et doit être puni.
2/ une révision de la tarification de l’aéroport de NANTES ATLANTIQUE : on prétend lutter contre le bruit, or on ne fait rien pour dissuader les vieux appareils bruyants. Je vous indique ci-dessous le lien vers la tarification de ZURICH pour vous montrer qu’on peut utiliser l’arme de la tarification pour dissuader de façon efficace  l’utilisation des appareils les plus bruyants. Notamment la nuit.
3/ une révision des procédures aéronautiques : il serait facile de diminuer significativement le bruit sur Nantes, en mettant à jour les procédures. Il est incompréhensible de bloquer les choses à ce niveau ; Paris l’a fait depuis plusieurs années, avec un niveau sonore divisé par deux sur de larges zones.

Par ailleurs, sur un autre sujet, j’attire votre attention sur les difficultés récurrentes de l’activité hôtelière à Nantes que vous connaissez bien je suppose. La mise en place éventuelle de Notre Dame des Landes serait néfaste pour ce secteur économique. En effet, cet aéroport aura un coût bien supérieur à ce qui est annoncé, qu’il faudra bien financer, VINCI  n’étant pas réputé faire de la philanthropie. Ainsi, soit les taxes d’aéroport vont exploser, ce qui provoquera le départ d’une partie des low cost vers des plateformes plus compétitives, or ces low cost drainent une clientèle touristique vitale vers Nantes et sa région. Soit il faudra faire comme à Strasbourg et c’est le contribuable nantais qui sera sollicité à hauteur d’une dizaine d’euros par passager. Est-ce bien raisonnable en ces temps de fronde fiscale ? Dans les classements, Nantes  n’est pas vraiment bien placée en termes de charge fiscale. Un de vos objectifs est bien sûr de défendre le contribuable Nantais !

Enfin, certaines de vos prises de position ont attiré mon attention et je profite de ce courrier pour vous répondre :
  • « Nous voulons que notre territoire soit accessible ». La vérité : votre Ville est beaucoup plus difficile d’accès depuis Notre Dame des Landes que depuis Nantes Atlantique, au voisinage immédiat de la rocade de NANTES. Les liaisons avec votre ville (taxi, transport en commun, … Seront au moins deux fois plus couteuses ! Ce nouvel aéroport surdimensionné sera également beaucoup plus cher non seulement au niveau des taxes d’aéroport, mais au niveau de tous les frais indirects : parkings, etc… Le concessionnaire doit bien rentrer dans ses frais !!!!, je vous rappelle que Nantes Atlantique a été plébiscité meilleur aéroport européen de l’année en 2012 par les compagnies aériennes, notamment pour sa compétitivité.
  • « L'aéroport sera un projet de territoire pour Nantes et pour Rennes ». J’ai beaucoup de mal à mettre de la substance sur ces belles paroles. Votre homologue le maire de Rennes s’est-il engagé à fermer son aéroport lors de l’ouverture de NDL ?
  • « L'aéroport sera une ouverture au monde pour les jeunes de notre territoire et nos chefs d'entreprise ». Même M.Gendron de la CCI de Nantes le reconnait: « Il ne faut pas rêver, ce n’est pas parce qu’on déplacera l’aéroport que de nouvelles lignes se créeront ! »   Bien au contraire, des lignes low cost vont partir. La desserte des lignes européennes de NANTES ATLANTIQUE est tout à fait performante aujourd’hui grâce à sa compétitivité, elle se compare de façon favorable à des plateformes de dimensions équivalentes comme Bordeaux ou Beauvais ou même Toulouse quasiment deux fois plus gros !. A l’avenir,  elle risque plutôt de régresser si le nouvel aéroport se fait. Quant aux longs courriers, il ne faut pas rêver, des aéroports beaucoup plus gros que NDL en 2050 comme Lyon, Marseille et Nice n’ont au mieux qu’une seule ligne long-courrier régulière. Il n’y a rien de concret derrière cette « ouverture au monde » que vous nous faites miroiter.  

Je sollicite de votre part un rendez-vous, afin de pouvoir répondre à toute question de votre part et de débattre sur ces sujets fondamentaux pour l’avenir de notre ville.

Courtoisement,

J.M.RAVIER
chef d’entreprise,habitant NANTES centre,
survolé par les avions depuis 14 ans  

Références :  

jeudi 2 janvier 2014

Lettre ouverte de Jacques Bankir à M. Gangil, Directeur Général de l’Aviation Civile et M.Hulliard, PDG de Vinci

Lettre ouverte
Paris, 31 décembre 2013

Monsieur Gandil,  Directeur Général de l’Aviation Civile,
Monsieur Huillard, Président Directeur Général de Vinci,

C’est très sincèrement que je vous présente mes meilleurs vœux pour 2014. Que cette année soit celle de la raison, du bon sens et de la sérénité pour tous.

Cher Monsieur Gandil, j’ai eu le plaisir de dîner à côté de vous il y a quelques années. J’ai été frappé par votre esprit d’ouverture et par la vivacité de vos propos, s’agissant de notre métier, le transport aérien.

Monsieur Huillard, je ne vous connais pas mais j’ai pu apprécier le dynamisme et la qualité de vos équipes, en particulier dans le domaine aéroportuaire.

C’est pourquoi je tiens à vous adresser cette lettre. J’ai toujours été surpris et choqué par le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. Je ne doute pas qu’au fond de vous-mêmes, vous aussi éprouviez quelque part un certain doute. Dernièrement, j’ai accepté de participer à un débat public sur le sujet qui m’a valu quelques interviews de la presse écrite et de la radio. Je vous précise, comme je le fais à chaque fois, que je ne m’exprime au nom d’aucune association, d’aucun parti mais simplement en tant que professionnel du transport aérien qui a passé cinquante ans à parcourir bien des aéroports.

Les grands projets, je connais et je les respecte. J’ai participé à la gestation de Concorde, à la préparation de la mise en œuvre de CDG 1 et à la conception de CDG 2 en travaillant la main dans la main avec les brillants « trois mousquetaires » d’ADP : Andreu, Albouy, Clinckx, Déjou. Je connais Nantes aussi, une ville que j’aime beaucoup, pour avoir été, pendant cinq ans, PDG de Régional. Cela a été une expérience passionnante et, comme vous le savez, les cas de fusions réussies sont rares. Celle-là a été considérée comme incontestable et a valu beaucoup de bonheur à toute l’équipe.

Hélas, dans le projet de NDL, rien ne paraît crédible. Je comprends le rêve des élus qui voudraient marquer leur règne et flatter l’ego de leurs électeurs en les dotant d’un grand aéroport régional. Je crains aussi que des intérêts immobiliers plus ou moins mal compris ne viennent brouiller les idées. C’est du moins ce que me laisse à penser la réflexion d’un élu : «  Vous auriez dû venir nous voir, on vous aurait expliqué les enjeux ».
Certes, il y a quarante ans, au démarrage du projet, on imaginait que partir de Nantes éviterait aux avions supersoniques le survol du continent et que l’on pourrait rabattre le trafic sur ce hub en avions moyen-courrier et en TGV. C’était évidemment utopique ! On mettait 15 minutes en Concorde, depuis CDG,  pour atteindre Jersey avant d’accélérer et de passer le mur du son. Pourquoi perdre deux heures pour atteindre Nantes ?

Il en est de même de l’idée du hub provincial qui a pris bien du plomb dans l’aile. Le seul hub qui a été à peu près réussi en France est celui de Lyon mis au point par Air Inter pour faire du province-province et qu’Air France a complété par des lignes sur l’Europe. Mais Lyon a été incapable d’obtenir de façon pérenne un vol sur New York. Seul Emirates est présente en long-courrier du fait d’une politique prédatrice qui donne bien du souci à nos vieilles compagnies. Et les low-costs rendent l’économie du hub de plus en plus fragile. Ils se développent aux dépens des compagnies traditionnelles. Quant au prix de la gare TGV de Satolas qui devait amener du trafic de tout le pays, il a fait scandale à l’époque. Près de quarante ans plus tard, le nombre de passagers qui l’utilisent est négligeable. Et pourtant, Lyon est un carrefour naturel et bien placé depuis le temps des Romains, entre Europe du Sud et Europe du Nord.

A Nantes-Atlantique (NTE en code IATA), il n’est que d’examiner les statistiques de l’Union des Aéroports Français, pour constater le même phénomène : ce sont les low-costs qui ont fait l’essentiel de la croissance de ces dernières années. Et le long-courrier est limité à une poignée de vols charters qui s’accommodent sans problème des installations existantes.

Cela étant, les aéroports français ont réagi de façon énergique face à la détérioration de leur situation. Après avoir bénéficié du premier réseau domestique européen, ils ont vu leur trafic stagner tandis que celui des aéroports de province du Royaume Uni, d’Espagne, d’Italie et d’Allemagne s’envolait. Ils ont créé French Connect pour attirer les low-costs et ont ainsi établi un des forums compagnies-aéroports les plus appréciés. Marseille a construit son aérogare low-cost MP2 et en est fière. Bordeaux a suivi avec Billi dont le rapport qualité-prix est encore plus remarquable.

S’agissant de NDL, un journaliste m’a posé une question pertinente : « Pourquoi les compagnies ne protestent-elles pas ? ». La réponse est évidente. Nantes est pour elles un point mineur de leur réseau. Elles connaissent l’administration française et son protectionnisme qui a freiné l’essor des compagnies low-costs et, justement, pénalisé la province française. Elles ne tiennent pas du tout à se mettre en avant. Pour elles, c’est simple, si NDL se révèle trop cher, elles iront ailleurs, à Lorient, à Angers ou à Rennes. En attendant, elles se disent que si la France veut faire payer la facture à ses contribuables, ce n’est pas leur affaire. J’ai posé la question, au dernier French Connect, à un panel où toutes les grandes compagnies low-costs étaient représentées. Les réponses furent une volée d’admirables et très gênés faux-fuyants.

En revanche, EasyJet vient de réagir nettement devant les conclusions préliminaires du 17 décembre de la « Airports Commission » sur l’avenir des aéroports de Londres et se félicite de ses recommandations. Cette commission conclut qu’un nouvel aéroport, dans les bouches de la Tamise, serait une aventure coûteuse et pleine de risques. La solution sage et qui perpétue une politique constante depuis cinquante ans, est de tirer tout le parti de l’existant en construisant une troisième piste à Heathrow et/ou une seconde piste à Gatwick.

On n’aime pas beaucoup en France que l’on rappelle comme nos aéroports sont mal utilisés par rapport à certains des aéroports de nos voisins. Mais il n’empêche que Heathrow (1300ha, 2 pistes) traite plus de passagers et presque autant de mouvements que Roissy-CDG (3200ha, 4 pistes) avec une superficie nettement inférieure à celle d’Orly (1600ha, 2 pistes) et de l’ordre de grandeur de celle que l’on prévoit pour NDL (1200ha, 2 pistes). Et Gatwick, avec sa piste unique et sa superficie inférieure à celle du Bourget, a un trafic en mouvements et en passagers, nettement supérieur à Orly. Je ne parle pas de London City avec son trafic égal à celui de Nantes, constitué d’avions de 50 à 100 places, ses 40ha et une approche face à l’Est telle que l’on vire au-dessus des jardins de Buckingham où l’on pourrait voir la Reine promener ses chiens. Il y a d’autres exemples d’aéroports de la taille de Nantes Atlantique, infiniment plus contraints par leur proximité à la ville et dont on tire, intelligemment, quatre à cinq fois le trafic de Nantes. Citons simplement San Diego, Lisbonne ou Genève. Pour ce dernier aéroport on connait ses résultats financiers brillants.

A Londres, toutes les études de nouveaux aéroports, depuis cinquante ans, soulignent le prix de la distance et le fait que ce coût, pour la communauté, serait dix fois plus élevé que celui de l’aéroport proprement dit, dans le cas d’une plate-forme construite dans l’embouchure de la Tamise. NDL est moins éloignée, cependant c’est un aspect dont on ne parle jamais et que l’on semble espérer solder par une simple voie rapide joignant la route de Vannes à celle de Rennes.

Mais je reviens sur le communiqué d’EasyJet qui mérite d’être soigneusement analysé. Il représente la profession de foi du segment du transport aérien qui domine de plus en plus nettement notre industrie.
  1. Capacity should be provided where there is passenger demand for it - aviation works best when consumers determine outcomes.
  2. Airports should only build the infrastructure that provides the level of service that passengers value and are willing to pay to use. There should be no gold plating or expensive infrastructure that passengers don't value.
  3. Passengers should only pay for new infrastructure when they actually use it – like toll roads – and not for years in advance."
Tout est dit. Et surtout qu’un aéroport ne crée pas du trafic. Le drame de NDL est que cet aéroport ne correspond à aucune étude de marché ou prévision sérieuse. On va vers un éléphant blanc.

En Espagne, on a construit Ciudad Real en espérant détourner du trafic de Madrid. L’aéroport a dû fermer en 2012 après trois ans d’existence, faute d’avions et d’entente avec les compagnies low-costs qui demandaient de fortes subventions. Le projet de liaison avec le TGV tout proche a évidemment fait long feu. Plus d’un milliard jeté par la fenêtre.

A Montréal, l’aéroport de Mirabel, contemporain de CDG, a été exploité quelque temps. Mais malgré tous ses efforts, le gouvernement canadien, respectueux du marché, n’a pas convaincu les clients et Dorval est resté en activité et a retenu tout le trafic domestique et celui à destination des Etats-Unis. Seuls les vols internationaux vers l’Europe et les Caraïbes ont été contraints de déménager sur le nouvel aéroport. Résultat, l’ambitieux hub Europe-USA qui avait été imaginé a été tué dans l’œuf. Toronto a su développer un aéroport existant beaucoup plus contraint et a joué ce rôle, au grand dam du Québec, paralysé. Celui-ci a accepté que les compagnies internationales retournent à Dorval au bout de 22 ans, ne laissant, dans les grands espaces de Mirabel, que quelques charters et cargos.  Avec la route et le train, c’est plusieurs milliards qui ont été gâchés.

Doit-on aussi mentionner Vatry, un grand projet politico-administratif du conseil général de la Marne ne correspondant, lui aussi, à aucun besoin commercial ? Il vivote avec un trafic ridicule grâce à Ryanair, numéro 1 du trafic intra-européen qui y opère un vol par jour (pour montrer sa bonne volonté dans un pays qui lui reste administrativement hostile ?) et à quelques charters et vols cargos au chargement confidentiel qui profitent de ses prix et de sa discrétion…

Le projet de NDL ressemble fort à tous ceux-là. Et la présentation de Vinci du 13 mars dernier n’est guère convaincante. Le budget d’abord, quelque 500 millions, semble ridiculement faible. Pour le justifier à tout prix, on a chiffré une phase 1 limitée à une capacité de 4 millions de passagers. C’est la négation même du besoin d’un nouvel aéroport qui n’offrirait que la capacité correspondant au trafic actuel de Nantes alors qu’il n’ouvrirait, au plus tôt, qu’en 2018. On hésite entre une largeur de piste limitée à 45 mètres et une réduction des taxiways ne permettant l’utilisation des pistes que dans un sens ! L’aérogare, de l’avis même de plusieurs experts, est de conception discutable. Il y a deux uniques passerelles télescopiques, là où NTE en offre six aujourd’hui. On a oublié de prendre en compte la gare fret de DHL. Elle reste à NTE ?

Mais surtout, les mystères du sous-sol argileux, gorgé d’eau, dans ce pays de bocage, ont-ils été suffisamment pesés ? Je ne suis pas un expert, mais j’aimerais bien savoir si Vinci a mesuré les risques de l’entreprise et qui paiera les surprises éventuelles ?

La DGAC, interrogée par les opposants au projet, a accepté, du bout des lèvres, de citer une estimation de 800 millions pour NDL, à un horizon incertain. On est encore loin du compte, surtout si l’on veut bien penser au réseau routier qui désengorgera l’accès à l’aéroport et à un moyen de liaison, « tram-train » ou autre, en site propre. Et une fois de plus, quid du coût de l’éloignement pour la métropole nantaise alors que les Britanniques, entre autres, ont bien souligné que ce coût croît exponentiellement avec la distance ? Pour le concessionnaire comme pour les collectivités, on peut craindre objectivement que les aléas soient énormes.
Je ne parle pas du coût de transport pour les passagers de Rennes qui mettront autant de temps pour aller à NDL, par une route encombrée, qu’il en faudra pour gagner Paris par TGV. Il est clair pour tout expert objectif que les passagers de Rennes ou de l’Ouest de la Bretagne seront rares et limités à quelques vacanciers venant prendre des vols charters, comme ils le font déjà. En revanche la métropole nantaise pourrait perdre des vols vraiment significatifs sur le plan économique : les liaisons transversales vers la France et l’Europe qui sont bien mieux servies par un aéroport proche, fonctionnel, accessible et compétitif.

Qui va construire et payer les ponts et autoroutes indispensables dans le cas de NDL ? Quand j’allais à l’aéroport tous les matins et en revenais tous les soirs, j’étais tout content de constater qu’il me fallait quelques minutes pour franchir la Loire et gagner l’aéroport, alors que le trafic était bloqué dans l’autre sens. La situation n’a fait qu’empirer depuis. J’ai eu le malheur de dire cela au débat public, le mois dernier et de parler du merveilleux et dynamique tissu de PME du Sud-Loire et de Vendée qui serait pénalisé par NDL. Des élus un peu excités m’ont aussitôt accusé de connivences avec ces industriels. Je vous rassure, il n’en est rien.

En revanche, la condamnation de Nantes Atlantique me parait dénuée de tout fondement objectif. Les élus, toujours eux, se sont offusqués que l’on mette en doute les études de la DGAC. Il n’en est pas question et j’ai le plus grand respect pour cette institution que j’ai côtoyée pendant 50 ans. Mais, justement, je sais comment on peut jouer avec les faits. J’ai donné un exemple à Radio-France, l’autre jour. Celui des études sur Concorde. Un groupe de travail dont je faisais partie, présidé par le SGAC de l’époque, avait pour mission de faire taire les opposants au projet, ceux-ci disant que l’exploitation de l’avion serait ruineuse. Ce débat faisait écho à celui concernant le projet de SST américain qui allait être abandonné. On a pudiquement conclu que le Concorde serait un peu plus cher au siège-kilomètre que le B707. On a omis de dire qu’il serait deux fois plus cher que le B747, tout juste lancé, mais qui serait son véritable contemporain. Je pourrais citer bien d’autres exemples.

En attendant, on compare les 500 millions d’un projet de NDL correspondant à une capacité de 4 millions de passagers aux 800 millions qui seraient nécessaires pour faire de NTE un aéroport en or massif capable de traiter 9 millions de passagers en….2060. Cela frise le ridicule.

La DGAC a fait une étude fouillée et détaillée, mais sur des hypothèses contestables. Cette étude répond aux recommandations de la Commission du Dialogue qui, en mars dernier, posait de très bonnes questions et suggérait une approche contradictoire. L’étude de la DGAC a pris six mois. Les opposants ont eu quinze jours pour réagir et sont parvenus à mettre au point trois présentations préliminaires pour la réunion qui a eu lieu à la préfecture de Loire Atlantique, le 27 novembre dernier. Monsieur Schwach a eu la courtoisie et l’amabilité de qualifier ces présentations « d’honnêtes et constructives ». En revanche, le débat a été limité. Et le préfet d’indiquer, en fin de réunion, que le temps du dialogue était clos, faisant fi de la lettre du Ministre du 28 juin. Depuis, il semble bien que l’administration, avec la sortie de plusieurs arrêtés, fasse tout pour créer une situation de fait accompli et permettre le démarrage des travaux. Le moins que l’on puisse dire est que cela n’est guère dans l’esprit des recommandations de la Commission du Dialogue et de l’engagement du Ministre des Transports à les respecter.

Comme me le disait un ami hollandais : « Jamais, chez nous, administration ou élus n’oseraient procéder de façon aussi impudente ».

Mais revenons sur les grands thèmes de l’étude de la DGAC.

Il y a d’abord le bruit.

Les nuisances sonores sont incontestables. Mais la méthodologie utilisée par la DGAC aboutit à la conclusion qu’elles ne pourront qu’augmenter. Pour cela, on n’a pas tenu compte de l’apparition d’avions nouveaux et de la disparition d’avions de la génération 1990 ou plus anciens, de manière réaliste. Monsieur Schwach, un peu gêné, a qualifié les hypothèses de la DGAC de « simplificatrices ». En fait :
  • Les avions régionaux constituent 50% du trafic de NTE. On sait que les jets de moins de 80 sièges sont condamnés par leur économie. Ils disparaissent aussi vite que les compagnies comme Régional ou Britair sont capables de s’en débarrasser. Ils sont remplacés par des appareils turbopropulseurs ou des appareils plus gros avec une tendance accélérée à la diminution des mouvements.
  • L’essentiel du trafic résiduel est fait par les compagnies traditionnelles et surtout par les low-costs dont la politique est d’utiliser les avions les plus performants. Les avions équipés de moteurs de technologie GTF ou LEAP sont déjà commandés par milliers, qu’il s’agisse d’Airbus ou de Boeing ou d’avions régionaux de 80 places et plus (Bombardier, Embraer, Mitsubishi). La diminution du bruit sera spectaculaire. Le C-series sera en service en 2016. Les autres suivent de près. L’absence totale de ces appareils dans les simulations DGAC, jusqu’au-delà de 2030, est choquante. Bien plus, les gains en bruit, au décollage comme à l’approche, sont nettement sous-estimés alors que les constructeurs se sont engagés sur des chiffres connus, précis et contractuels.
  • On a forcé sur les long-courriers, même si leur présence à Nantes reste confidentielle. Le trafic de NTE sera, selon toute probabilité, limité à des biréacteurs, les A350 et B787 venant encore diminuer le bruit des A310, A340 et B767 qui auront disparu.
  • On a renforcé le trafic de nuit et accentué le nombre de mouvements en QFU 21 sans tenir compte d’aucune amélioration de procédure au prétexte que les contrôleurs ne sauraient pas faire du fait de l’augmentation du trafic. Comment font ceux de Gatwick, de Lisbonne, de San Diego ou de Genève pour tirer, de leur piste unique, jusqu’à six fois plus de mouvements, avec des contraintes d’environnement beaucoup plus sévères et, pour certains, aucun mouvement de nuit ?
  • On ne tient compte ni des promesses des accords de Grenelle (appliquées à Paris et qui devaient l’être dans les dix premiers aéroports français), ni de la politique de la DGAC explicitée dans le rapport PBN (Performance Based Navigation) et reflétant l’avance des travaux  du ciel unique européen (SESAR).
En conclusion, la DGAC conclut à une augmentation des nuisances là où toutes les mesures faites sur Londres, Paris et bien d’autres aéroports, montrent une diminution constante et accélérée des niveaux de bruit malgré l’augmentation du trafic. Conclusion qui est aussi celle du cabinet international  d’expertise, contracté par les opposants et qui a pu présenter ses travaux à la réunion tenue à la préfecture le 27 novembre. La DGAC a concédé que cette tendance semblait avérée mais a trouvé que le nombre d’habitants concernés par une courbe de bruit donnée devait doubler à Nantes ! En tenant compte de quels projets immobiliers ?

Il est en fait troublant que la perspective de l’ouverture de NDL semble avoir arrêté tout effort pour diminuer le bruit sur Nantes. On a l’impression qu’il y a là une volonté de ne rien faire qui puisse semer le doute s’agissant du bien-fondé du transfert du trafic sur un nouvel aéroport.

L’un des exemples les plus flagrants est la tarification. S’il y a gêne et nuisance, pourquoi ne pas prendre exemple sur Zurich, Londres, Francfort ? Pourquoi ne pas rendre dissuasifs les mouvements de nuit et plus pénalisants les mouvements tard le soir ; pourquoi ne pas charger les avions qui ne respectent pas le « chapter 4 » de l’OACI et ne pas prévoir une incitation pour les avions qui vont bientôt apparaître en nombre, avec leurs moteurs GTF et LEAP, et qui seront quasiment inaudibles sur l’Ile de Nantes, facilitant ces projets d’urbanisation attendus avec tant d’impatience ?

La seule mesure positive notable est l’utilisation la plus fréquente possible du QFU 03. Elle est significative et épargne tout survol de Nantes, 60% des jours de l’année.  Certes on sacrifie St Aignan. Car on oublie toujours de le dire. Si la piste, utilisée dans un sens, représente une pénalité pour Nantes, elle a, dans l’autre sens, un avantage rare, grâce à la présence du lac de Grand Lieu où les oiseaux n’ont jamais été perturbés par le bruit des avions. Survol et absence d’urbanisation sont au contraire une garantie de protection. En revanche, je compatis de tout cœur avec le sympathique maire de St Aignan. C’est vrai que sa petite commune est sacrifiée. Mais elle est constituée en grande partie, comme cela arrive partout autour des aéroports, comme on l’a vu à Roissy-CDG, vaste plaine vide d’habitations à l’ouverture de l’aéroport, de maisons construites alors que l’empreinte bruit de l’aéroport était déjà bien établie. Et là encore, on ne parle pas du trafic de Heathrow ou de CDG, mais du quart de celui de Lisbonne.

Et il y aura toujours un St Aignan. Le prochain pourrait s’appeler le Temple de Bretagne sans doute ? Il n’y a pas de désert en France. En revanche, le bruit des avions est aujourd’hui 75% plus faible qu’il y a trente ans et, à Londres, on estime que la population touchée a été divisée par huit ! Les avions qui arrivent à partir de 2016 vont encore réduire les nuisances de plus de 50%. Alors comment croire à des chiffres qui supposent une densification des habitations autour de NTE, maintenu en activité mais pas un habitant de plus autour de NDL ?

Il y a ensuite les travaux d’extension des installations terminales.

Là, on a tout entendu. Le mépris pour les installations low-costs de Marseille et de Bordeaux. On voudrait pour NTE, du standing ! Pourquoi ? Pour les low-costs qui représentent la quasi-totalité de la croissance du trafic ? Tout expert peut imaginer des solutions du type Marseille ou Bordeaux qui coûteront une bouchée de pain. Les grandes surfaces savent faire des parkings pour un prix modique. Bien plus, le tramway arrive déjà tout près et son prolongement coûterait une bagatelle à côté de ce que représenterait un moyen de transport en site propre desservant NDL. Bref, les investissements, à l’horizon correspondant à celui où NDL serait disponible, devraient être de l’ordre du dixième de ce qui est indiqué dans l’étude de la DGAC. En tout état de cause, ils seraient progressifs et adaptés à l’évolution du trafic.

Ce qui permettrait à l’aéroport et à Vinci de faire de très bonnes affaires et de continuer à satisfaire les compagnies aériennes clientes qui ont sacré l’aéroport de Nantes Atlantique, meilleur aéroport européen 2012.

Enfin, il y a la piste.

Elle présente certes des creux et des bosses et devra être refaite tôt ou tard. Je ne suis, là encore, nullement expert. Je ne peux que constater que les aéroports n’ayant qu’une seule piste sont légion. Et qu’ils trouvent toujours une manière de résoudre les problèmes de rectification et d’entretien. Les ondulations de la piste ne gênent absolument pas le trafic, même pour les plus gros appareils. Il suffit de le demander aux pilotes qui fréquentent NTE, comme je l’ai fait. Certes on ne construirait pas une piste comme celle-là aujourd’hui. Mais les exceptions aux normes idéales OACI se négocient. Et je ne doute pas que Vinci soit à la pointe du progrès et ne puisse trouver des solutions, avec un minimum de bonne foi, pour résoudre ce problème dans des délais convenables, sans tomber dans les extrêmes chiffrés par la DGAC : une fermeture de six mois avec le manque à gagner qui en découle ! Brest l’a fait il y a déjà quelque temps, en quelques semaines. Je n’ai pas la durée précise. C’est devenu, parait-il, un secret-défense…

Quant au besoin de prolongation de la piste qui devrait, on ne sait pourquoi, être plus longue que celles de NDL, il ne semble vraiment être là, lui aussi, que pour alourdir la facture à tout prix. On veut peut-être s’inspirer de Ciudad Real avec sa piste de 4000 mètres ?

Bref, on ne construit pas un aéroport vaste comme Heathrow avec ses 70 millions de passagers, premier d’Europe, pour seulement 7 à 9 millions de passagers quand on a un instrument aussi valable que Nantes Atlantique. C’est une aventure politico-administrative sans aucun fondement économique ou commercial.

Je ne m’attends pas à ce que vous vous déclariez d’accord avec tout cela. Je pense malgré tout que les grands professionnels que vous êtes, s’honoreraient d’expliquer au monde politique que la poursuite du projet de Notre Dame des Landes n’est pas forcément une solution souhaitable et surtout pas par les temps qui courent.

Et j’estime que, dans l’esprit de la Commission du Dialogue, il serait judicieux qu’on laisse le temps aux opposants au projet de désigner un expert et d’aller au fond des choses, en reprenant les hypothèses que la DGAC a développées pendant six mois. Oserais-je suggérer que cette contre-expertise se fasse dans le cadre d’une coopération et d’un dialogue ouvert entre experts nommés par les opposants et vos services ? Cela satisferait tout le monde. Cela peut être décidé aujourd’hui. Je me tiens à votre disposition pour aider à mettre cela en place.

Je vous prie d’agréer, Messieurs, l’expression de toute ma considération.

Jacques Bankir


Jacques Bankir a été président et vice-président dans de nombreuses compagnies aériennes au cours de sa carrière, dont Régional Airlines. Il a pris publiquement position contre le projet de Notre Dame des Landes.
Lire aussi http://www.entreprises.ouest-france.fr/node/117726
ou encore 
http://communiques-acipa.blogspot.fr/2013/11/intervention-de-jacques-bankir-lors-de_14.html

jeudi 19 décembre 2013

Lettre de René Leblanc, maire de Quelneuc (56) à Jacques Auxiette

Lettre ouverte à  Monsieur Jacques Auxiette
Président du Syndicat Mixte Aéroportuaire (SMA)
Hôtel de la Région- 1 rue de la Loire
44000 Nantes
OBJET : Projet d’Aéroport du Grand Ouest (AGO). Pourquoi je n’y crois pas.

Monsieur le Président,

L’an passé, 36 Grands élus de l’Ouest appartenant à l’actuelle majorité, qualifiaient les opposants au Projet NDDL « d’activistes radicaux et violents » et justifiaient ainsi un déploiement massif de CRS et de gardes mobiles (plus de 600 fonctionnaires lourdement équipés) sur le site de Notre Dame des Landes. Vous-même, pour faire bonne mesure, surenchérissiez, accusant des opposants de criminels et d’apôtres de la décroissance. Et, aujourd’hui, poursuivant de votre mépris ces mêmes opposants, vous y allez de votre coutumière arrogance en parlant (sic) de siffler la fin de la récré.

 Si les mots ont un sens, je vous répondrai, Monsieur le Président, que tout ce qui est excessif est dérisoire.
En effet, depuis l’an dernier j’ai beaucoup réfléchi et analysé ce projet et malheureusement ai constaté tant d’incohérences, de mépris, d’arrogance, de contre-vérités, de contradictions et de mensonges de la part de ces grands élus que j’en viens à m’inquiéter devant tant d’ignorance et/ou de mauvaise foi de leur part et de la vôtre qui en êtes le porte étendard.

Alors qu’à longueur de colonnes de la presse régionale quotidienne, des lettres d’information de la Région Bretagne, du Conseil Général 35, de la Ville de Rennes ou du magazine de Rennes Métropole, ces élus mettent en garde nos concitoyens sur les conséquences dramatiques du réchauffement climatique et notamment sur l’impérieuse nécessité de limiter les émissions de gaz à effet de serre (CO2 notamment, voire CH4), ils voudraient, en parfaite contradiction avec leurs grands principes, faire rêver les citoyens électeurs en ne jurant que par des décollages toujours plus nombreux, dans des jumbos toujours plus gros, leur promettant tellement d’emplois et de bonheur à la clé avec NDDL.

Hélas, devrais-je vous apprendre, Monsieur le Président, que l’or noir (molécules hydrocarbonées constituées de carbone et d’hydrogène) qui s’est constitué dans le sous-sol de notre planète terre, au cours de millions d’années, et dont le début de l’extraction ne remonte qu’au milieu du XIX siècle, a été consommé :

- en un siècle (1860-1960), pour un équivalent de 200 milliards de TEP (Tonnes Equivalents Pétrole),

- au demi-siècle suivant (1960-2010), pour un équivalent de 1000 Milliards de TEP (soit un multiple/an de 10)

- et aujourd’hui, la consommation annuelle atteint 32 milliards de TEP. (4 Tonnes/ habitant de la planète)

Ainsi, même à niveau constant, 1600 milliards de TEP seraient consommées au cours des 50 prochaines années. Or l’évaluation prouvée des réserves n’est pas supérieure à 1400 milliards de TEP, soit 40 années de consommation, les extractions devenant, par ailleurs, de plus en plus complexes et coûteuses. Et ensuite ? Y avez-vous seulement réfléchi, Monsieur le Président, ou l’ignorez-vous ? Si tel était le cas, je vous conseillerais, après la fin de la récré que vous prétendez perfidement siffler, de vous inscrire, de toute urgence, à des cours périscolaires sur ce problème et qui ne manquent pas d’être dispensés, je suppose, dans les écoles élémentaires de la Région des Pays de Loire.

Mais ce n’est pas tout, Monsieur le Président. Sachez que tout dérivé hydrocarboné (quelle que soit la longueur de sa chaîne), est précisément transformé en CO2 et H2O lors de sa combustion. Ce n’est que de la chimie élémentaire. Or, la quantité globale de C02 émis aujourd’hui par notre consommation excessive de ces dérivés est telle que la nature n’arrive plus à les absorber par la photosynthèse. Les excédents gigantesques sont largement responsables des dérèglements climatiques mondiaux (dérèglements multipliés par quatre au cours des seules 5 dernières années) ainsi que de l’acidification des océans, avec leurs conséquences dramatiques, à moyen terme, pour la survie des espèces aquatiques. La ville de Nanjing en Chine (10 millions d’habitants) a vécu un épisode douloureux très récemment liée à la pollution par micro-particules. Chez nous, Paris et de grandes villes de province viennent de connaître des problèmes graves qui ne feront que s’accroître si nous ne faisons pas évoluer nos comportements. Le saviez-vous ? Alors que l’honneur d’un élu, politique de surcroît, devrait consister à défendre l’intérêt général et le long terme, vous préférez satisfaire de très gros appétits privés, notamment immobiliers avec plus values, autour de l’aéroport de Nantes Atlantique.

Monsieur le Président, présenter NDDL comme la panacée pour le Grand Ouest, avec des décollages et des atterrissages passant de 47.000 annuels à plus de 100.000, voire 120.000 n’est qu’un mensonge et une tromperie de nos concitoyens. Votre ignoble propagande, à nos frais naturellement, constitue non seulement une erreur, mais une faute dont les générations futures ne manqueront pas de vous accabler, n’ayant été, pour votre part, qu’un piètre apôtre de fieffés égoïstes du consumérisme débridé. Ce projet n’est qu’un mauvais pas dans la mauvaise direction et vous en portez une lourde part de responsabilité. Imaginez que chaque Région du monde fasse votre analyse et se comporte ainsi. Où irions-nous ? Il est compréhensible que les humains manquant de l’indispensable ou du nécessaire souhaitent encore consommer davantage, et pour un temps, des dérivés hydrocarbonés. Mais nous, qui avons déjà tant pollué et pas toujours pour notre bien-être, devons impérativement donner l’exemple et nous tourner vers le progrès durable, le seul qui pourra assurer la survie du XXIème siècle. Au récent sommet climatique de Varsovie, des pays émergents nous l’ont rappelé avec force et raison.

Nous ne sommes pas les apôtres de la décroissance dont vous nous accablez. Bien au contraire, nous voulons des investissements massifs, fut-ce au prix fort, dans les technologies d’avenir qui produiront à terme suffisamment d’énergies primaires totalement non polluantes pour la satisfaction légitime de milliards d’êtres humains, à savoir : géothermie, photovoltaïque, énergie des océans (hydrolien, houlomotrice, marémotrice) etc… Nous ne sommes pas les criminels que vous décrivez. Vos propos sont méprisables et dénotent votre fébrilité et votre mal être dû à vos mensonges et vos incohérences. Nous ne sommes que de bons citoyens qui ont réfléchi et qui, en dehors de tout intérêt personnel, n’ont que la force de leur conviction pour alerter des dangers niés ou cachés par ceux qui n’ont pour tout horizon que leur aura, leur mégalomanie ou leurs intérêts très personnels et à court terme. Stéphane Hessel, tant louangé par toute la classe politique au moment de sa récente disparition, ne disait pas autre chose et comprenait fort justement notre profonde et légitime indignation. Il n’était pas criminel, que je sache.

Nous ne sommes pas davantage contre le mode de transport aérien, mais nous souhaitons qu’il devienne raisonné et raisonnable, qu’il intègre la raréfaction et l’épuisement prochain des dérivés hydrocarbonés qui, de surcroît, sont une source évidente et inexorable de dégâts majeurs pour la survie de la planète. Le projet NDDL, par son seul symbole et la propagande pitoyable et fausse que vous en faites, constitue le parfait contre- exemple. A votre décharge, je constate que vous n’êtes qu’une marionnette défendant, fut-ce par l’insulte, tellement d’intérêts très privés qui conduiront, à coup sûr, la planète dans le mur, au cours de ce XXIème siècle. Vos propos sont minables et pitoyables et ne m’inspirent, finalement, que de la pitié.

A entendre votre propagande (payée par nos impôts), il n’y aurait pas encore d’aéroport dans le Grand Ouest. Je crois avoir remarqué qu’il y en a un à Bouguenais et que c’est un pieux mensonge de prétendre qu’il serait saturé. Pour ma part, je m’y suis présenté à deux reprises. Le 25 novembre 2012, au buffet situé à l’étage, sur les 130 places disponibles, seule notre table (2 personnes) fut occupée pendant l’heure du repas. Cet été, le 16 août précisément, en pleine période estivale, je dus reconnaître une sensible progression puisque 6 tables représentant 16 couverts sur les 130 dressés furent servis (soit 12% de taux de remplissage). Pas le moindre embouteillage dans l’aérogare naturellement. L’émission TV de Benoît Duquesne sur l’A2 faisait remarquer identiquement l’atmosphère paisible de Nantes Atlantique International (NAI). Je voudrais encore ajouter qu’une de mes connaissance séjournant, en juillet, à Essaouira, au Maroc, dût pour son retour sur Royal Air Maroc, attendre un jour supplémentaire pour embarquer finalement vers Roissy, la destination vers Nantes ayant été annulée faute de passagers (15 réservations pour un boeing 737), donc trop coûteux pour ce vol. Alors, pour la saturation, laissez- moi rire. Comment en serait-il autrement, puisque l’aéroport de Cointrin (Genève) comptabilise, avec une seule piste et emprise au sol identique (soit 270 ha) 198.000 emports et 14 millions de passagers annuels, soit près de quatre fois le trafic de Nantes Atlantique International (NAI).

A vous entendre, NDDL desservirait le monde entier (une vraie ruche !). Mais alors, expliquez-moi, comment des pistes de même longueur (2900m) que Nantes Atlantique accueilleraient les très longs courriers (A380, B747) et conduiraient d’un seul coup d’aile, entrepreneurs et touristes vers toutes les destinations du monde. Vous savez fort bien qu’il n’en sera rien et que là encore vous mentez Monsieur le Président. J’ajoute que Nantes Atlantique dessert déjà 120 destinations, dont 16 en France et 60 dans les autres pays européens. Il est tout autant international que le serait NDDL.

Mais au fait, devrais-je vous rappeler qu’en juillet 1996, vous signiez une pétition contre la destruction d’un seul « mètre carré » de zones humides en Loire-Atlantique. Aujourd’hui, alors que l’évolution voudrait que votre déontologie d’alors soit encore renforcée, vous n’êtes en rien troublé par la destruction de 1500 ha de zones humides et de tant d’autres hectares pour y accéder et satisfaire l’objet de vos délires.

J’allais omettre que Nantes Atlantique serait tellement facilement desservie par voie ferrée (elle existe déjà), que vous préférez évidemment détruire de nouveaux espaces agricoles et construire à grands frais de nouvelles lignes pour Notre-Dame. On ne nous dit pas tout !!

Il fut un temps où la tentative d’anesthésie de nos concitoyens était fondée sur le motif imparable des 5 millions d’heures de travail promises (à nos chômeurs bretons, je suppose). Aujourd’hui, la rénovation de Nantes Atlantique coûterait, soi-disant, plus cher. Vous devriez donc vous réjouir de cette perspective créatrice d’emplois. La ficelle est un peu grosse pour qui veut bien réfléchir.

Après maintes sollicitations auprès des grands élus, sans la moindre réponse à ma requête (c’est dire le mépris de ces élus, soucieux de leur seule réélection, à l’égard du petit élu que je suis), je pus enfin, par une voie détournée, obtenir un contact avec la Commission Chéreau, joliment dénommée « du dialogue ». L’écoute fut courtoise, mais je compris très vite que cette Commission n’avait pour seule mission que d’apaiser les tensions, aucunement comprendre ni donner suite aux véritables arguments trop précis et pertinents qui lui étaient présentés. Une commission « Pipeau » en quelque sorte. Mais enfin dire des vérités peut également soulager et les écrire laisse quelques traces.

Un détail amusant, malgré tout. Alors que j’étais reçu dans un bureau anonyme, au dernier étage d’une sous-pente de la rue du Roi Albert, l’OF du même jour (27/02) présentait en couleurs et sur une demi-page, les grands élus dont vous-même, en compagnie de ladite Commission, sous les ors de la république évidemment. Que des notables ! Je puis imaginer que le champagne et les petits fours étaient de qualité. Dérisoire, mais tellement révélateur.

Au siècle du numérique, il devient plus qu’urgent de redéfinir les priorités et pour le moins faire payer le prix coûtant à ce mode de transport dévoreur de kérosène (dérivés hydrocarbonés) et donc polluants. Nos concitoyens ignorent largement que tous ces voyages touristiques low cost sont directement ou indirectement très largement subventionnés par nos impôts. Le kérosène n’est pas taxé. Un comble ! Est-ce équitable ? La mondialisation non maîtrisée, et contre laquelle toute tentative de compétitivité ne pourra rien, conduit aux pires aberrations. Ainsi, et ce n’est qu’un exemple, 80% des fleurs offertes sur notre territoire sont produites au KENYA ou en ETHIOPIE, dans des conditions proches de l’esclavage et sont acheminées par jet sur notre Continent, avant d’aller remplir nos poubelles. Dans ce domaine, c’est le geste qui compte, non le volume et le poids de la couronne qui sont appréciés. Alors, Monsieur le Président, encouragez plutôt leur production dans votre Maine et Loire. Je parie que notre Ministre du Redressement Productif apprécierait d’arborer à sa marinière made in Bretagne, quelques roses made in Pays de Loire. Angers héberge pourtant le siège de l’OCVV (Office Communautaire des Variétés Végétales). L’ignoreriez-vous ? Monsieur le Président, agissez dans le bon sens, aidez à produire localement, vous créerez de vrais emplois, plutôt que de nous accabler de votre mépris.

Chaque citoyen qui réside proche d’une piste d’aéroport préférerait naturellement l’expédier chez le voisin. Mais Bouguenais n’est pas une spécificité. Que devraient dire les habitants de Limeil-Brévannes, Valenton Villeneuve St Georges, Villeneuve le Roi ou Ablon qui sont survolés par six fois plus de vols chaque jour que ne le sont des nantais ?. Or, l’aéroport d’ORLY sera modernisé, pas déplacé. Comme tant d’autres aéroports, Bouguenais existe depuis les années 30. Les aménageurs ont poursuivi sans relâche, comme ailleurs, des constructions erratiques et les grands élus les ont laissés faire, voire les ont encouragés. Qu’ils assument. Mais aujourd’hui, en mal de profit, nombre de vos connaissances voudraient tellement voir la valeur de leurs biens immobiliers exploser. Et tant pis pour la planète. Vos mensonges leur donnent tellement raison.

Le projet que vous portez comme la corde soutient le pendu est aberrant. Hélas, tous les moyens, même les plus sordides, sont utilisés pour tromper nos concitoyens. La légalité n’est pas la légitimité. Les enquêtes publiques sont dictées et le résultat imposé est écrit à l’avance (si les experts ne conviennent pas, le pouvoir  les change). Une parodie de démocratie en quelque sorte, mais dans les formes. Ce projet n’est que le fruit d’une volonté politique qui se moque comme d’une guigne de l’intérêt général, ses porteurs refusant les évidences et poussant la surdité jusqu’à l’autisme. Monsieur Auxiette, comme le disait à NDDL, le 9 juillet 2011, un membre éminent du gouvernement Actuel, je cite « Nombre d’élus, lorsque la porte est fermée ont conscience de l’inutilité du projet, mais Monsieur « A » le veut beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, il le veut énormément ». Dès lors, dire le contraire serait un crime de lèse-majesté, je suppose. Si Monsieur A le veut, Dieu le veut, puisqu’il est infaillible.

Dans de telles conditions, les enquêtes publiques ne servent à rien. Dites aux français que la validation de l’enquête publique du projet fut assumée par un haut fonctionnaire qui depuis occupe un poste majeur chez le concessionnaire, l’épouse de ce dernier ayant rejeté en son temps tous les recours en Conseil d’Etat. Votre devise : circulez et taisez-vous, il n’y a rien à voir ! Ne me parlez plus de légalité, mais de turpitudes et sachez que votre pouvoir ne vous a été acquis que par 2 électeurs sur 10. Vos ralliements contestent, pour la plupart, ce projet. Mais, rassurez- vous Monsieur le Président, tout ira pour le mieux pour vous-même. En effet, il fut un temps où les responsables politiques acceptaient d’être reconnus « responsables mais non coupables ». Aujourd’hui, ils ne sont « ni responsables, ni coupables ». (CF, le drame de l’amiante). La nature se vengera, soyez en certain et vous aurez pris votre part au fossoyage de l’humanité, à moins que, c’est mon vœu le plus cher, des élus responsables, d’une nouvelle génération, ne se ravisent à temps et dénoncent vos turpitudes qui dépassent de très loin ce minable projet.

Vous seriez mieux avisé de réentendre le discours prononcé le 02/09/2002 à Johannesburg « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs… Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas ! Prenons garde que le XXI siècle ne devienne pas, pour les générations futures, celui d’un crime de l’humanité contre la vie » Monsieur le Président Auxiette, vous refusez de comprendre et ne voulez surtout rien entendre.

Peut-être prendrez-vous quelques minutes pour lire mon propos, à moins qu’un long courrier, déjà en bout de piste, ne vous attende pour vous conduire vous prélasser sous les tropiques, où quelques pauvres du tiers monde vous serviront quasi gratuitement dans un complexe hôtelier « ***** », de préférence.
Bien à vous et bon voyage !
Un élu et citoyen vigilant.
René LEBLANC, Maire de Quelneuc

mardi 17 décembre 2013

Face au mépris : Toujours présents, toujours résistants, plus légitimes que jamais !

Comme nous l'avons répété à maintes reprises, la promotion du projet d'aéroport et la bagarre médiatique en cours sur l'imminence de  "l’avancée des travaux" reposent sur une succession de mensonges dont la grossièreté n'a d'égale que le mépris des citoyens qu'elle révèle. Nous sommes depuis le départ, individuellement et collectivement, toutes organisations confondues, pris pour des benêts. Impossible de tout reprendre ici. L'étourdissant florilège des âneries s'est encore enrichi récemment, lorsque les porteurs du projet prétendent prouver que le transfert de l'actuel aéroport coûtera "moins cher" que l'aménagement de Nantes Atlantique : espèrent-ils vraiment qu'aucun citoyen ne relèvera qu'il s'agit de comparer un "coût" de mise à niveau de Nantes Atlantique pour 9 millions de passagers vers 2060 avec le coût de construction à Notre Dame des Landes en 2017 d'un aéroport calibré à 4 millions de passagers ? Que personne ne remarquera la non prise en compte de l'évolution technologique des moteurs d'avions ?

Cela fait maintenant des années que nous mesurons aussi le mépris vis à vis des exploitants de la zone du projet : pressions sur les agriculteurs jusqu'au harcèlement, estimations foncières au rabais. Mépris des grévistes de la faim en 2012 : dans le discours, "nous partageons les mêmes valeurs... nous vous supplions de ne pas mettre votre santé en péril..." ; et dans les faits vingt-huit jours (28 !) avant que ne s'ouvre une négociation avec le PS local sur une clause de non expulsion, aujourd’hui ouvertement remise en cause. Mépris vis à vis des occupants de la Zad promue à l'état de "kyste" qu'il faut karchériser... Mépris des agriculteurs en place qui, depuis de longues années, font leur travail en étant en phase avec les recommandations du Grenelle et qui ne comprennent pas qu’on veuille tout détruire pour un projet inutile.

Nous n'avons donc aucune raison d'être surpris de la désinvolture criminelle des porteurs du projet vis à vis de la richesse biologique globale de la zone. Ce qu'ils nomment "déplacement des espèces protégées" (deux espèces de tritons), dans les conditions annoncées, c'est tout simplement leur destruction programmée, comme celle des milliers d'espèces d'importance vitale pour la constitution des écosystèmes spécifiques de la zone.

Cette mort programmée, conséquence directe des "déplacements" sélectifs, comme les mesures de compensation liées à la "loi sur l'eau", nous révoltent légitimement. Elles participent au début de la mise en œuvre du projet, et nous nous y opposerons collectivement.

La Coordination fait sienne la déclaration de l'AG de l'Acipa du 8 Novembre :
….
Les travaux de déplacement des espèces protégées ne doivent pas commencer car ….
  • les 12 réserves soulevées par la commission des experts scientifiques n’ont pas été levées,
  • des recours juridiques vont être déposés dès la parution des arrêtés d’autorisation de déplacement/destruction des espèces protégées et de la Loi sur l’Eau
Aucune situation irréversible sur le terrain ne doit être enclenchée. La mobilisation des opposants ne s’arrêtera qu’avec l’abandon de ce projet et l’engagement de maintenir Nantes Atlantique en contribuant à son amélioration.
Ce sont les paysans et habitants de la zone, soutenus par des milliers de citoyens, qui sont garants de la vie et de la biodiversité sur la zone : eux qui plantent, sèment, protègent...


Les mesures de compensation sont une mascarade, certes. Mais elles n'auront pas lieu car il n'y aura aucun départ ni aucune destruction à compenser. Nous sommes là !

Appel signé des 50 groupes composant la coordination des opposants : Associations, Syndicats, Mouvements politiques et Collectifs divers – Liste consultable sur http://acipa.free.fr/Sites/sites.htm

 _______________________________________________


Les mesures de compensation, une mascarade de trop !
Pour nous toutes et tous, les mesures de compensation,  c'est le projet d'aéroport qui avance !
Il faut donc empêcher ces mesures de se réaliser : mares, transferts d'arbres et d'espèces, ainsi que l'élargissement des routes et la construction du barreau routier.
Luttons ensemble pour stopper le projet d'aéroport !
Lorsque les travaux seront  imminents, les informations et rendez-vous seront communiqués, dès que possible, sur les 3 sites http://zad.nadir.orghttp://acipa.free.fr,  et http://naturalistesenlutte.overblog.org ainsi que par mail et par téléphone.                  
Appel commun Coordination / des occupant-es de la ZAD / COPAIN44 / Naturalistes en Lutte


vendredi 13 décembre 2013

Lettre ouverte de l’ACIPA à François Hollande, Président de la République - vendredi 13 décembre

Monsieur le Président,

Dans le cadre de la commission du dialogue voulue par votre gouvernement, des opposants au projet d’aéroport à Notre Dame des Landes (le collectif d’élu-e-s et le collectif de pilotes de ligne) ont accepté de travailler sur la partie technique du dossier en s’entourant d’experts et en proposant des analyses sérieuses et étayées tant sur les plans d’exposition au bruit prévisionnels que sur l’optimisation enfin reconnue possible de l’aéroport actuel Nantes Atlantique.

L’ACIPA, toujours dans l’attente du rendez-vous avec Monsieur Philippe Martin, rendez-vous que Monsieur Cuvillier s’était engagé à faire aboutir, l’avait posé comme préalable à sa participation à ces travaux. Elle n’en a pas moins observé le déroulement, aussi limité soit-il.

Monsieur le Président, l’appel que le CéDpa (Collectif d’élu-e-s) a fait pour la seconde fois au Ministre des Transports, le 28 novembre dernier, afin qu’il ne laisse pas clore des travaux qui n’ont pas été sérieusement menés à leur terme, vous a été transmis. Nous appuyons aujourd’hui cette demande pour que les travaux de la commission du dialogue puissent continuer et que les éléments techniques apportés par les opposants soient pris en compte par la DGAC. Une tromperie sur les chiffres est avérée, elle n’est pas acceptable.

Monsieur le Président, lors de la grève de la faim de nos camarades en mai 2012, vous vous étiez engagé à ce qu’une réelle concertation ait lieu entre les différentes parties concernées par ce dossier d’aéroport. De son côté, Monsieur Cuvillier a affirmé à plusieurs reprises en juin et lors d’une entrevue accordée en septembre dernier, que le travail de concertation devait se faire dans la transparence et la recherche de vérité.

De août 2012 à mars 2013, vous avez reçu 30 courriers émanant de personnes – dont M Patrick Warin, l’une de vos anciennes connaissances – de milieux et de compétences très divers, vous demandant une rencontre.

Les réponses à ces courriers ne nous ont jamais satisfaits, nous renvoyant systématiquement vers M Cuvillier.

Monsieur le Président, c’est à vous-même que nous voulons parler de vive voix car il est plus que temps de prendre en compte les arguments imparables qui sont opposés à ce dossier inutile et destructeur et qui n’a aucune justification dans le contexte économique actuel. Nous voulons vous dire que les 12 réserves émises par le comité d’expertise scientifique, invalidant de fait la méthode de compensation agro-environnementale proposée par AGO/Vinci et l’Etat, ne sont toujours pas levées et ne pourront pas l’être. Nous ne pouvons imaginer que l’arrêté concernant le déplacement des espèces protégées – qui n’est autre que leur destruction – puisse être pris bientôt au mépris du travail de cette commission d’experts que la république a mandatée.

Toute intervention sur le terrain, alors que rien n’est réglé sur le fond, ne pourrait être comprise et embraserait à coup sûr les esprits à Notre Dame des Landes et bien au-delà.

Monsieur le Président, la réponse que vous nous ferez sera un signe attendu non seulement pour l’ACIPA, mais par une population sans cesse croissante qui ne trouve plus d’adéquation entre, d’une part, ce projet d’aéroport et le symbole qu’il véhicule et d’autre part les contraintes d’économies au quotidien que votre gouvernement peine à faire accepter.

Nous attendons avec impatience, Monsieur le Président, votre décision pour une date d’entretien et nous vous adressons nos salutations les plus respectueuses.


vendredi 29 novembre 2013

Lettre ouverte du CéDpa à Monsieur Alain Mustière, président Des Ailes pour l'Ouest - Mise au point suite à la réunion en préfecture mercredi 27 novembre



à   Monsieur Mustière

Notre Dame des Landes, le 29 novembre 2013

Objet : Mise au point du Collectif d’élu-e-s (CéDpa) suite à la réunion en préfecture mercredi 27 novembre

Lettre ouverte

Monsieur,

Lors de la réunion du 27 novembre dernier en préfecture, vous avez dans votre déclaration liminaire au nom de l’association «  des Ailes pour l’Ouest » procédé à de bien curieux amalgames : parlant de nazisme et allant jusqu’à évoquer la nuit de cristal pour qualifier les événements qui se sont produits dans les semaines passées, à savoir un cambriolage des locaux de la société Biotope et des actes de vandalisme sur la vitrine d’autres entreprises. La simple juxtaposition de vos propos et des faits suffit évidemment à rendre ridicule votre comparaison. Que vous restera-t-il comme référence si vous avez à qualifier d’autres actes plus graves que ceux-là ? Avec votre pitoyable « coup d’éclat », dont nous avons compris à la lecture de la presse qu’il était prémédité, vous participez de la confusion ambiante, quand les mots ne veulent plus rien dire, quand les valeurs sont sens dessus dessous, quand le mensonge est régulièrement utilisé, comme c’est le cas dans ce dossier d’aéroport.

Vous nous avez sommés de condamner ces deux faits divers. Vos allusions tendaient à penser que ces délits étaient l’œuvre des opposants, alors que l’enquête de police ne l’a pas prouvé. Nous sommes dans un état de droit, M. Mustière. Vous n’avez pas mandat pour décider de la responsabilité d’un cambriolage, alors même qu’aucune preuve n’étaie vos propos. Vous n’avez sans doute pas lu notre communiqué à la suite du cambriolage. Mais vous, avez-vous condamné l’usage disproportionné de la force l’an dernier qui a fait de nombreux blessés ? Condamnez-vous les bien curieuses manières du dirigeant de Biotope ? Condamnez-vous les infractions au code des marchés publics récemment découvertes dans le marché entre l’État et Biotope ? Croyez-vous que nous ne sachions pas que des manipulations et des provocations arrangeraient bien les partisans du transfert en justifiant un recours à la force « au nom de la loi » ? Quelle loi d’ailleurs ? Celle de l’argent, celle du gaspillage, celle des intérêts immobiliers ? Celle qui se fonde sur des procédures biaisées depuis le début ?

Le CéDpa a constamment expliqué ses méthodes, le travail sur le fond et sur les arguments. Nous ne prônons pas l’illégalité, mais nous refusons la dénonciation non étayée des opposants. Il est dommage que vous ne soyez pas resté à la réunion, vous auriez appris beaucoup de choses, vraiment, bien qu’elle soit très technique et que vous ayez évoqué à la séance précédente vos difficultés à suivre nos échanges. Mais visiblement vous n’avez aucune envie de regarder ce qui ne vous arrangerait pas. Et vous prétendez préparer l’avenir ! Ce serait risible si ce n’était, permettez que nous reprenions votre mot,  INADMISSIBLE !

Pour le CéDpa
Les coprésidents du CéDpa : Françoise Verchère, Jean Paul Naud, Isabelle Loirat

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