Vous trouverez sur cette page les originaux des communiqués qui ont été envoyés à la presse, des documents, lettres ouvertes, tribunes destinés à enrichir votre réflexion sur le sujet ou vous informer sur des points d'actualité, ainsi que les tracts que nous diffusons régulièrement.

Vous pouvez dorénavant vous abonner au flux de cette page ou suivre les mises à jour par mail.

Retour à la page d'accueil du nouveau site

samedi 12 janvier 2013

Circulons librement et sereinement sur les routes de la ZAD

Communiqué de Presse - 11 janvier 2013
Circulons librement et sereinement sur les routes de la ZAD

Depuis le début de l'opération César, le 16 octobre dernier, les gendarmes occupent militairement les principaux carrefours de la zone du projet d'aéroport du grand ouest.

Les habitant-e-s de la zone subissent :
  • des contrôles à répétition,
  • l'obligation de passer à travers champs pour rentrer chez elles et chez eux,
  • d'interminables négociations pour passer en voiture ou en vélo,
  • des fouilles de véhicules, sacoches et sacs à dos,
Des situations humiliantes au quotidien.

Les habitant-e-s des communes environnantes sont contraint-e-s à des grands détours.

Les gendarmes ont pris le contrôle des départementales, serait-ce pour nous habituer au contournement d'un espace aéroportuaire suite aux destructions en cours ?

Refusons ce nouveau plan de circulation imposé par le préfet, représentant du gouvernement, et continuons à utiliser les routes existantes.

La coordination des associations opposées à l'aéroport de Notre Dames des Landes et des occupant-e-s et habitant-e-s de la Zad

jeudi 3 janvier 2013

Lettre ouverte d'un pilote à M.François Hollande

MASSON Thierry
Officier Pilote de Ligne
avec le soutien de la coordination des opposants
Monsieur François HOLLANDE
Président de la République française
55 rue du Faubourg Saint Honoré
77008 PARIS 8e
Lettre ouverte à François HOLLANDE
Haute Goulaine, le 3 janvier 2013
Monsieur le Président,

Si je n'ai pas ordinairement vocation à m'inscrire dans une logique contestataire, et encore moins rétrograde, je souhaiterais vous faire part de mon étonnement lorsque nous parlons du transfert de l'aéroport Nantais qui fonctionne parfaitement vers une future structure à Notre-Dame-des-Landes, ce dans le périmètre de mes compétences, fort de mon expertise technique d’officier Pilote de Ligne exerçant à ce jour depuis près de 25 ans à transporter des passagers, dont 10 années de Commandant de bord avec 18000 heures de vol, pour le compte de notre Compagnie Nationale.

Ce projet est loin de garantir un niveau opérationnel compte tenu de son architecture future déjà dépassée, à la viabilité relevant d'hypothèses hautes sans prise en compte de la technicité et de la fragilité du modèle économique et industriel lié à la spécificité du Transport Aérien, qu'aucun organisme aussi sérieux que l'Organisation de l'Aviation Civile Internationale ou l'Agence Internationale du Transport Aérien n'aurait osé imaginer. Cependant, l'enquête conduisant à la déclaration d'utilité publique de février 2008 l'a validé.

L'aéroport de Nantes-Atlantique répond à la totalité des critères les plus stricts imposés à notre secteur d'activité. Sa croissance est certes constante, forte de ses 3,2 millions de passagers. Mais c'est en termes de mouvements d'avions que se calcule et s'anticipe avant tout le dynamisme d'une telle plateforme. A Nantes il y a une quasi stabilité avec environ 50000 mouvements de vols commerciaux par an. L'augmentation du nombre de passagers revient à une meilleure performance grâce à l'optimisation du remplissage de chaque vol où les compagnies aériennes assurent au jour le jour l'activité aéroportuaire avec un emport moyen ici de 75 passagers (moyenne nationale 90).

Pour cette activité, il faut faire un distinguo entre les lignes régulières qui ont une croissance conforme aux performances des autres aéroports régionaux similaires de France ou des pays voisins, et les vols charters ou lowcost, uniquement liés à la saisonnalité de cette activité, qui ''tirent'' vers le haut l'activité de Nantes Atlantique, saisonnalité significative seulement 6 mois par an !

Par ailleurs, la sécurité de Nantes Atlantique correspond aux performances détaillées par des normes les plus strictes rédigées par l'Organisation de l'Aviation Civile Internationale (191 états membres, 1200 compagnies aériennes). Celles-ci, reprises en France par le Ministère des Transports et la Direction Générale de l'Aviation Civile, ont classé Nantes Atlantique en catégorie A, c’est-à-dire sans aucune particularité référencée de type environnemental, contrainte de survol en tous genres, obstacles, espaces à particularités type industriel, militaire ou zone à sensibilités remarquables.

Voici de quoi faire taire définitivement les détracteurs de l'Aéroport actuel arguant maladroitement, vraisemblablement par méconnaissance, d'une nécessité absolue de transfert.

Son hypothétique saturation peut être anticipée à tout instant compte tenu de la surface aéroportuaire actuellement disponible avec de multiples extensions imaginables comme cela se fait partout en Europe mais aussi en France lorsque l'on constate une croissance significative en cours ou à venir. C'est ce qui se produit sur bon nombre d'aéroports nationaux et internationaux avec des extensions des aérogares et/ou des parkings avions. Localement citons Bordeaux, Marseille, Nice, Lyon, etc... La liste n'est pas exhaustive.

Sa dangerosité un moment soulignée relève surtout de l'agitation médiatique alors qu'aucun constat sérieux ne l'a un instant indiquée au regard de l'ensemble des références aéronautiques sur cette question sensible. Localement, les organismes de surveillance et de suivi sont adroits et efficaces, l'Autorité de Contrôle des Nuisances Aéroportuaires parfaitement opérationnelle à ce jour. De nouvelles techniques de survol ont été ébauchées par des ingénieurs de l'Aviation Civile, démontrant que nous pouvons envisager à moindre coût des améliorations significatives dès lors que nous aurons surpassé le ''syndrome Notre-Dame-des-Landes '' celui qui semble actuellement nous dicter de ne rien faire à Nantes Atlantique puisque Notre-Dame-des-Landes pourrait être réalisé dans les années à venir...

Si dangerosité potentielle il y avait, que faire du principe de précaution que l'on sait applicable à tout instant, et suspendre sine die l'activité de notre aéroport actuel ?

Sur l'aspect logistique, faut-il le rappeler, l'aéroport de Nantes Atlantique possède ce dont bon nombre n'ont pas la chance d'être dotés à savoir des servitudes type ligne de tramway à proximité immédiate, voies ferrées jouxtant les aérogares actuelles, réseaux routiers performants ouverts vers l'océan proche ainsi que vers les axes routiers en direction de Paris, Bordeaux, la Bretagne immédiate, la Normandie toute proche. Ici satisfecit total concernant le Schéma de Cohérence Territorial local ! Nous ne sommes pas enclavés !

L'aéroport de Nantes Atlantique, classé depuis de très nombreuses années au 10ème rang des aéroports Français, c’est-à-dire dans le ventre mou de ces aéroports de province, a et aura une vocation avant tout régionale tant aux niveaux Français qu'Européen. Les compagnies aériennes régionales ont remis le trophée ERA Award 2011-2012 du meilleur aéroport européen à l’équipement pour Nantes-Atlantique.

Le réseau de lignes aériennes est dicté par la demande. Ce sont les compagnies aériennes qui nous l'indiquent et décident de venir se poser à Nantes à la seule condition que cette clientèle passagers soit au rendez-vous. Les capitales économiques à desservir sont limitées par cette demande et seule l'offre des vols vacances fluctue en fonction des choix économiques rentables et rémunérateurs pour les opérateurs de l'aérien. Un aéroport ne dicte pas l'offre, c'est le marché qui l'oriente, offre construite à partir de situations d'origines structurelles ou conjoncturelles.
Ce sont l'Observatoire des politiques et stratégies des transports en Europe ainsi que le Comité National des transports qui nous chiffrent cet état ainsi que les éventuelles perspectives de croissance reprises par les services de notre Aviation civile, ici en France ! Un aéroport répond toujours à un besoin mais ne génère pas ce besoin.

Quid alors de cette fameuse croissance pour Notre-Dame-des-Landes à 9 millions de passagers en 2065 et quelles perspectives à moyen ou long terme ?

L'ensemble des experts indiquent qu'il y aura croissance, mais résolument limitée à la Chine, à l’Inde et au Moyen Orient, régions formidablement émergentes. Peu ou pas sur le continent nord Américain et encore moins en Europe. En cause, la relation directe entre économie du transport aérien et PIB de nos états/région (diagnostic sinon repris par la DGAC). L'IATA annonce que sans croissance durable et supérieure à 2%, la ressource financière pourrait être exsangue. Les coûts carburant impactés par le prix du pétrole et les quotas de CO2 pour l'aérien intégrés aux accords de Kyoto feront du dynamisme économique et industriel un eldorado ou un... fiasco. A l'heure actuelle, toutes les compagnies aériennes mettent en place des plans d'adaptation avec réduction de leurs effectifs et leurs moyens matériels, en les minorants par exemple pour Air France -12%, pour Lufthansa -17%, Air Portugal -20%, British Airways et Ibéride – 25%, Alitatlia -28%, Scandinavian -44%, Ryannair immobilisant plus d'un quart de ses avions au sol...

Enfin, ces mêmes compagnies, traditionnelles ou émergentes, se rassemblent, créent des synergies en fusionnant et se centralisent sur des plateformes uniques, le cas est valable dans toutes les capitales européennes et au delà.

Dès lors, la mise en perspective de projet d'Aéroport du Grand Ouest avec une nouvelle plateforme dotée de 2 pistes, qui plus est non parallèles, étonne. Pourquoi 2 pistes ? Pourquoi la plus grande des deux, avec ses 2900m de long par 45m de large, limitatifs au regard des dimensions et des performances pures des avions gros porteurs n’est-elle pas plus grande que celle existant déjà à Nantes-Atlantique, pistes qui plus est non dotées de taxiways parallèles alors qu'aucun autre aéroport de cette catégorie n’a été créé en Europe avec une telle configuration depuis... Orly en 1973 ? Ces premières questions révèlent une méconnaissance significative du fonctionnement d'un aéroport ! Force est de constater qu'une seule piste astucieusement dotée de sorties rapides et d'une bande de roulement parallèle suffirait à absorber les flux espérés. La preuve n'est plus à faire qu'une aérogare correctement dimensionnée et optimisée peut traiter des dizaines de millions de passagers. Le nombre de futurs postes de stationnement avions à Notre-Dame-des-Landes est revu à la baisse vis à vis de l'existant à Nantes-Atlantique, les servitudes liées aux débarquements/embarquements des passagers se paupérisent, les contraintes des roulages des aéronefs vont s'imposer malgré la spécialisation des pistes annoncées...
De plus, il n'y a aucune garantie sur l'emploi puisque selon la règle observée, en tout cas si l'on se conforme aux usages, cet aéroport drainera en moyenne tout au plus 700 emplois directs par million de passagers, classique en France comme en Europe pour un aéroport de province.

Enfin, nombre d'aéroports aux santés financières exécrables sont sous utilisés compte tenu de leur dimensionnement, je pense notamment au troisième aéroport parisien de VATRY avec 52000 passagers/an et une piste de 3850m; que dire de Clermont Ferrand, Epinal, Metz-Nancy Lorraine, Tours, Poitiers, Bergerac, etc... La liste est malheureusement encore longue !

Si l'art de la politique est de prévoir pour gouverner, anticiper pour s'adapter, les approches intellectuelle, industrielle et pragmatique de ce projet d'aéroport devraient être de ces rendez vous à ne pas manquer. Quelle que soit l'attractivité en cours ou à venir pour nos belles régions de l'ouest, qui va parier sur des vols transcontinentaux entre Los-Angeles, Singapour, Sydney ou Dubaï vers Notre Dame des Landes ? Que va devenir le bassin industriel existant au Sud Loire avec l'unité de production d'Airbus si l'aéroport de Nantes-Atlantique, comme le prévoit la Déclaration d'Utilité Publique, est transféré vers le nord Loire ? Et si Nantes-Atlantique n'était plus déplacé ? Quelle place manque-t-il aujourd'hui à Nantes pour rester en connexion parfaite avec l'Europe immédiate ou le Monde tout proche ?

Rien n'indiquant que nos concitoyens et notre nation aient besoin d'une telle infrastructure, il est urgent de mettre en place les conditions raisonnables d'un moratoire pour revisiter les demandes et perspectives sérieuses du marché potentiel, les besoins et demandes des compagnies aériennes, ainsi qu'une cohérence industrielle, a fortiori économique et sociale.

Au regard des règles liées à l'aménagement du territoire, il n'a jamais été constaté qu'un aéroport allait générer une économie nouvelle, particulièrement lorsque l'outil correspondant existe déjà et reste sous utilisé, une efficacité améliorée et optimisée permettrait de ne pas grappiller, gaspiller de nouvelles ressources financières et foncières colossales dont on sait pertinemment que nous devons jour après jour en faire l'économie.

Dans les meilleurs délais, je vais m'impliquer en me rapprochant de la Commission de Dialogue mise en place à l'initiative de Monsieur le Premier Ministre, adossé au Collectif de pilotes de Ligne doutant de la pertinence du projet d'aéroport à Notre Dame des Landes, pour expliquer en détail les sérieux doutes de notre profession vis à vis de ces choix techniques et stratégiques particulièrement discutables.

Espérant ne pas avoir été trop long tout en restant suffisamment détaillé dans ces explications, je reste, Monsieur le Président, soyez en certain, à votre entière disposition, et je renouvelle la demande d'entretien que la coordination des opposants souhaite avoir avec vous depuis 4 mois.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de mon profond respect.
Thierry Masson

mercredi 26 décembre 2012

Appel des professeurs et avocats en droit de l'environnement

Le droit de l’environnement mis à mal par le projet de Notre-Dame-des-Landes

Nous dénonçons la dérive du droit de l’environnement opérée par le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

Dérive du droit, tout d’abord. Les opposants à l’aéroport ont récemment déposé plusieurs recours contre des arrêtés préfectoraux portant gravement atteinte aux libertés fondamentales sur la zone projetée du futur aéroport et permettant un quadrillage permanent des villages concernés avec force barrages de police et fouilles systématiques de véhicules; ces recours, pourtant déposés en référé, n’ont même pas fait l’objet d’une audience et n’ont par conséquent pas pu être jugés. Il s’agit ici d’une stratégie délibérée de la Préfecture de Loire-Atlantique, consistant à prendre plusieurs arrêtés successifs et de courte durée, afin de faire échec à tout recours effectif devant les tribunaux. Cette stratégie fait partie de l’arsenal juridique typique des projets que l’on entend faire  passer en force, coûte que coûte.

Dérive de la pratique du droit de l’environnement
ensuite.

Rappelons que ce projet date des années 1960 et avait pour but d’accueillir le Concorde, fleuron à l’époque de l’industrie française. Le lieu a été définitivement retenu au début des années 1970. À cette époque-là, nul n’osait se soucier de la préservation des zones humides ou encore du dérèglement climatique. Depuis le temps, de l’eau et bien des textes législatifs protégeant l’environnement ont coulé sous les ponts.

Au siècle dernier, nous avons vu disparaître sous nos yeux, et sans que cela ne semble choquer personne, la moitié de nos zones humides. Nous savons maintenant que leur rôle dans la préservation de la biodiversité est primordial. Aujourd’hui, le droit international (la Convention de Ramsar de 1971), le droit de l’Union européenne (la directive-cadre sur l’eau de 2000) et le droit français (via le livre II du Code de l’environnement) les protègent.

À l’époque, l’émission de gaz à effet de serre d’origine anthropique pouvait sembler nécessaire et sans conséquence notable sur notre environnement.

Aujourd’hui, tout un corpus de textes juridiques allant du droit international (le protocole de Kyoto et ses diverses déclinaisons), au droit de l’Union européenne (le paquet climat – énergie de 2008) ou encore au droit français (citons par exemple la loi sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie de 1996) nous imposent d’économiser l’énergie et de ne pas encourager l’utilisation des énergies fossiles.

À tout cela s’ajoute le fait que, depuis le débat public qui a eu lieu en 2003 sur ce projet, de nombreuses données factuelles et juridiques ont changé. Il est grand temps de revoir enfin ce projet, et de le questionner à nouveau à l’aune des grands principes gouvernant le droit de l’environnement : véritable participation du public, changement climatique, conciliation du développement économique avec la préservation des ressources naturelles, maintien des agriculteurs et de l’agriculture, arrêt de l’imperméabilisation des sols, etc….

Au lieu de cela, on essaie de nous imposer une méthode de compensation de la destruction des zones humides dite « fonctionnelle » inadéquate en regard de l'importance écologique de ces zones, et à peine a-t-on souligné l’absence de l’avis de l’autorité environnementale dans le dossier « eau » de NDDL qu’un décret en supprime l’exigence pour les projets ayant trait à l’eau….

Ces facteurs, comme d’autres relevant de problématiques plus « classiques «(présence d’espèces protégées, et surtout inexactitude des données de l’enquête initiale et validité économique discutée du projet, etc) nous semblent impliquer une révision totale du dossier, notamment dans le cadre de la révision à venir du SNIT.

Faites circuler et signer cet appel !

Raphaël Romi, professeur de droit, Doyen honoraire, Chaire Jean Monnet de droit européen de l’Environnement, Université de Nantes
Michel Prieur, Doyen honoraire, président du centre international de droit comparé de l'environnement, Limoges
Bernard Drobenko, professeur de droit, Université du Littoral,

Dorian Piette
, professeur de sciences économiques et sociales, IUT de Nantes,
René Hostiou, Agrégé des Facultés de Droit, Professeur émérite, Université de Nantes
Mary Sancy, professeure de droit de l’environnement, Université de Nantes
Marie Béatrice Lahorgue, Maître de Conférences à l’Université de Poitiers

Agathe Van Lang, professeure de droit, Université de Nantes,

Jessica Makowiak, Maître de conférences, CRIDEAU, Faculté de droit, Université de Limoges
David Deharbe, Maître de Conférences, avocat, Lille
Marie-Laure Lambert, Maître de conférence en droit, CEJU, Aix-Marseille Université
Béatrice Hagege-Raduta, Maître de Conférences en Droit Public, IUT DE Saint-Denis,  Paris XIII
Emmanuel Cadeau, Maître de conférences, Université de Nantes
François Féral, Professeur, Président honoraire de l'université de Perpignan Via Domitia, Directeur d’Études à l’École Pratique des Hautes Études
Patrick Le Louarn, professeur de Droit, Université Rennes I

Alexandre Faro
, avocat, Paris

Arnaud Gossement
, docteur en droit, avocat

Sébastien Le Briero, docteur en droit de l’environnement, avocat

Raphaël Kempf, avocat

Romain Ecorchard, juriste en droit de l'environnement, association Bretagne Vivante - SEPNB, réseau juridique de France Nature Environnement

Blanche Lormeteau, doctorante en droit de l’environnement, chargée d’enseignement, Université de Nantes
Gaëlle Audrain Demey, doctorante en droit de l’environnement, allocataire, Université de Nantes,
Alexis Toucheron, étudiant en M2 Droit de l'environnement et du développement durable, coordinateur des Jeunes Écologistes,  Nantes
Anne-Charlotte Moy, Juriste en droit de l’environnement, Semences Paysannes
Julien Mary, doctorant en droit de l’environnement, Nantes, juriste salarié.

mercredi 19 décembre 2012

Marches Nice - Nantes - NDL et Lille - Nantes - NDL

Une marche à débuté il y a quelques jours au départ de Nice pour Nantes et Notre-Dame-des-Landes.
Une autre va partir de Lille dans quelques jours pour la même destination.

Bravo aux courageux marcheurs et marcheuses.

Les infos ici :
Nice : http://marche.nddl.nicenantes.overblog.com/
Lille : http://www.facebook.com/events/527450820598492/

Et aussi :  
Ils viennent du nord Ardèche à vélo! 
http://lesfeelesenvelo.eklablog.com/accueil-c19188901 


lundi 10 décembre 2012

Un nouvel arrêté préfectoral : stratégie d’usure !


 
Communiqué de presse - Notre-Dame-des-Landes le 10 décembre 2012

Le Préfet de Loire-Atlantique, par le biais de son Directeur de Cabinet, M. Lapouze, a pris un arrêté en date du 30 novembre 2012 portant interdiction temporaire de transport de carburant sur le territoire de deux communes, pouvant nuire aux travaux agricoles quotidiens. Cet arrêté a fait l’objet d’un recours pour excès de pouvoir et d’un référé suspension que le tribunal administratif n’a pas pu examiner compte tenu de la brièveté de la durée d’application de cet arrêté.

Un arrêté du 7 décembre reconduit le précédent, sans modification, pour une semaine.

Il s’agit manifestement d’une stratégie consistant à répéter semaine après semaine cette interdiction par des arrêtés successifs afin d’interdire au tribunal compétent de statuer en temps utile. Elle rappelle les stratégies d’usure qui avaient en leur temps été utilisées contre les paysans du Larzac pour les empêcher de travailler et les punir ainsi de résister à l’extension d’un camp militaire.

Cette stratégie rend difficile l’exercice d’un recours effectif qui est pourtant un droit reconnu par la Convention Européenne des Droits de l’Homme.

Les auteurs de cet arrêté montrent ainsi ce qu’est leur interprétation de la « force du droit ».


Elle n’est pas la nôtre.

Elle contribue à renforcer l’impression qu’il existe beaucoup d’analogies entre le combat du Larzac et le nôtre. Nous saurons en tirer les conclusions qui s‘imposent. 


Contact presse : Dominique Fresneau 06 71 00 73 69

dimanche 2 décembre 2012

Affluence record à l’AG de l’ACIPA !

Près de 600 adhérents étaient présents ou représentés à la 12ème assemblée générale de l’ACIPA, ce vendredi 30 novembre 2012 : affluence record qui montre bien le niveau important de la mobilisation citoyenne et le besoin d’information et d’échanges avec la population qui ne se satisfait aucunement de la propagande des porteurs du projet que sont l’Etat et AGO/Vinci.


Les adhérents ont unanimement approuvé le rapport d’activité de l’association et ont chaleureusement remercié les membres du conseil d’administration de l’association et les bénévoles les plus impliqués, qui travaillent d’arrache pied depuis plusieurs mois. L’explosion du nombre de comités de soutien  à la lutte de Notre Dame des Landes, (près d’une centaine répertoriés en France et à l’étranger) et la présence médiatique nationale sont parmi les aspects les plus visibles de la mobilisation grandissante et de plus en plus déterminée de la population.

Les informations données sur le rapport des commissaires enquêteurs concernant les enquêtes publiques de l’été dernier ont pleinement convaincu nos adhérents que ce projet de nouvel aéroport ne pourra pas être mené à bien sauf à valider une méthode de compensations agro-environnementales tout-à-fait contraire à l’esprit de la Loi sur l‘Eau et à la protection  des espèces protégées. AGO/Vinci et l’Etat vont-ils être autorisés à piétiner allègrement tout cela en toute impunité ?

Enfin, l’assemblée générale a décidé de 2 actions envers le Président de la République :
  • renvoi de la carte d’électeur avec mention de son opposition au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes
  • courriers individuels massifs pour demander le départ des forces de police, l’arrêt des expulsions/destructions sur la zone, le gel des travaux avant toute éventualité de dialogue sur le fond du sujet.

samedi 1 décembre 2012

Notre Dame des Landes : les opposants réclament un véritable dialogue !


Les signataires de la lettre adressée vendredi 30 novembre au Président de la République  (ACIPA, ADECA, Confédération Paysanne 44 et CéDpa) ont appris le même jour par un communiqué du Premier Ministre la mise en place de « la commission du dialogue », les personnalités qui la composent et les missions qui lui sont données. Ils ne peuvent que constater la surdité persistante du Premier Ministre qui confie à cette commission le soin de «  formuler des propositions, notamment sur la manière de poursuivre le dialogue dans chacune des étapes de la réalisation du projet. » En réaffirmant ainsi que le projet se fera, quoi qu’il arrive, Jean-Marc Ayrault montre à nouveau son mépris total pour tous les citoyens qui s’y opposent à Notre Dame des Landes et maintenant partout en France. Or, il ne s’agit pas pour eux de discuter la couleur du  papier cadeau dont le gouvernement voudrait, à la veille de Noël, envelopper ce projet de nouvel aéroport mais bien de discuter du choix même du « cadeau » !

Nous dénonçons l’opération de communication engagée ces dernières vingt-quatre heures qui vise à créer l’illusion que le dialogue est possible. Or, dans son communiqué,  le Premier Ministre montre ouvertement à tous qu’il est à la fois juge et partie puisque la seule concession qu’il daigne faire à la démocratie sera de rendre public le rapport d’une commission dont il cadre à l’avance le travail pour faire aboutir le dossier qu’il a toujours défendu.

 C’est pourquoi nous demandons solennellement au Président de la République de se saisir du dossier et de répondre à nos  justes revendications : retrait des forces de l’ordre, arrêt des expulsions-destructions, gel des travaux et réel débat, aux yeux de tous, sur le fond du dossier. Faute de quoi nous ne pourrons pas participer aux travaux de cette commission.

Nous appelons tous nos adhérents et sympathisants à continuer leurs actions là où ils sont, comme nous, nous continuons la lutte à Notre Dame des Landes. 


Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...