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mardi 27 mars 2012

Prises de parole lors de la manifestation du 24 mars 2012 - CéDpa

Au nom du Collectif des élus, le CéDpa, je veux dire d’abord notre   soutien sans faille aux agriculteurs que l’on veut faire partir de leurs terres  et qui savent que l’année 2012 sera cruciale. 82 exploitations touchées dont 15 disparaitraient et 30 seraient fragilisées. Et ce ne serait qu’un détail ? Un simple dommage collatéral ou un simple  problème technique à résoudre ? Non, ce serait un gâchis agricole, environnemental et humain irréversible. 
        Je veux dire aussi notre détermination à poursuivre le combat contre ce projet inutile, coûteux et destructeur.
         Si nous sommes déterminés, c’est parce que nous ne pouvons accepter l’incohérence qui consiste à afficher d’un côté dans les documents d’urbanisme ( SCOT, PLU) et dans les politiques d’aide à l’agriculture des collectivités (que ce soit le Département, la Région ou Nantes-Métropole) de belles idées sur le maintien des terres agricoles et d’une agriculture paysanne et de l’autre  sacrifier des milliers d’hectares à des infrastructures dont l’utilité sociale n’est pas avérée. Et  je mets sciemment infrastructures au pluriel, parce qu’avec  le nouvel aéroport revient le rêve insensé d’un nouveau franchissement, pont ou tunnel,  au cœur de l’estuaire et encore de nouvelles routes et voies ferrées…
         Si nous sommes déterminés c’est parce que nous ne pouvons accepter qu’au moment même où l’on dit avoir pris conscience de l’importance du bocage et des zones humides, où toutes les communes recensent arbres, haies et mares, on aille détruire précisément une des zones les plus riches du département pour poser à l’horizontale 11 000 places de parking ! Si nous sommes déterminés, c’est parce que nous ne pouvons accepter qu’on nous impose et qu’on impose aux populations que nous représentons le modèle de développement que soutend cet aéroport : métropolisation, concurrence, aveuglement devant la crise énergétique et écologique en cours.
          Je veux dire enfin notre colère. Notre colère devant un montage financier scandaleux qui consiste à prêter de l’argent public à un groupe qui n’en a nul besoin, à garantir ses emprunts, à accepter benoîtement que les fonds propres de ses actionnaires soient rémunérés à 12% alors que toutes les collectivités publiques se plaignent à juste titre de l’étranglement financier qui les oblige à augmenter les impôts locaux, les plus injustes qui soient. Notre colère  devant le silence inouï –si j’ose dire- des porteurs du projet face à nos questions et à nos arguments. Nous avons fourni une étude économique qui met à mal les fondements mêmes du dossier et avons demandé l’abrogation de la  DUP de 2008. Nous sommes partie prenante des recours juridiques en cours et à venir dont malheureusement aucun n’est suspensif. Mais nous savons que ce projet est d’abord un projet politique, c’est pourquoi nous ne lâcherons pas en cette période électorale la pression qu’il faut exercer collectivement sur les candidats qui sollicitent nos suffrages. Un certain nombre d’entre eux nous ont dit leur soutien. Comment ceux qui sont encore pour ce projet  pourraient-ils être crédibles sur l’avenir de la France, les changements nécessaires s’ils ne sont pas capables de voir les failles de ce dossier, les mensonges et  les abdications devant l’intérêt privé ?  

          On voudrait nous faire croire que c’est trop tard, que plus rien ne peut arrêter maintenant le rouleau compresseur, on voudrait nous désunir et  discréditer notre résistance. Nous ne devons pas céder non plus à cette ultime tentative. C’est parce que la contestation des paysans rencontre celle des citoyens qui veulent un autre monde, c’est parce que notre mobilisation collective rencontre celle d’autres ailleurs, en France et en Europe contre d’autres projets inutiles que nous sommes forts et que nous pourrons gagner.

         Aujourd’hui en Allemagne, se tiennent des  manifestations contre la réalisation de  pistes supplémentaires sur des aéroports ; elles s’inscrivent dans la même logique que notre lutte. Et nous saluons nos amis engagés là-bas à Francfort ou à Munich, comme en ce moment ils nous saluent nous à Nantes.

         Comme moi, vous avez lu les dernières déclarations et justifications données par le maire de Nantes : il parle d’un « aéroport simple et modeste qui n’utilisera que 736 ha de terres agricoles et ne coûtera que 17M€ à Nantes-Métropole, soit un demi-pont. » Eh bien nous voulons dire aux Nantais qu’un aéroport simple et modeste, nous en avons déjà un, qui fonctionne bien, qui n’est pas plus dangereux que le tunnel ferroviaire qui traverse la ville sur 3km, qui peut être optimisé sans qu’il en coûte quoi que ce soit au contribuable. Et que les 115 M€ d’argent public, dont font partie les 17 de Nantes-Métropole  peuvent donc servir à autre chose. A financer la deuxième partie d’un pont s’il en faut encore  un à Nantes, ou à bâtir un nouveau mode de consommer, d’habiter, de se nourrir, de se déplacer. A bâtir le monde de demain. Et ce monde, c’est nous tous qui le représentons cet après-midi, ensemble, dans  nos différences.
 
Nous disons aux Nantais et aux habitants du département :  que chacun  s’empare de ce dossier, regarde les chiffres et les faits que méthodiquement nous avons mis en lumière, que chaque citoyen interpelle les élus de sa commune, de son canton, pour faire vaciller la  certitude de ceux trop nombreux qui ne connaissent même pas vraiment le dossier…Les porteurs de projet sont obstinés ?  Oui mais nous le sommes aussi, et notre détermination est intacte. Nous ne céderons pas. Nous ne voulons ni pistes, ni  parkings à NDL,  nous voulons garder les terres et  les paysans. Nous les garderons ! 

Françoise Verchère, pour le CéDpa

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